Introduction
La république est un système politique majeur fondé sur l'idée que la direction des affaires publiques (la 'chose publique', du latin *res publica*) appartient à l'ensemble des citoyens, et non à un monarque ou à un petit groupe. Elle se caractérise par l'élection des détenteurs du pouvoir pour une durée limitée, la séparation des pouvoirs et la primauté du droit. Ce modèle, aux multiples déclinaisons, est aujourd'hui la forme de gouvernement la plus répandue dans le monde.
Description
Une république est définie par plusieurs éléments constitutifs. Premièrement, la souveraineté réside dans le peuple (souveraineté populaire) ou la nation (souveraineté nationale). Deuxièmement, les dirigeants, y compris le chef de l'État (président ou équivalent), sont désignés par élection, directe ou indirecte, pour un mandat temporaire. Troisièmement, le principe de laïcité ou de neutralité de l'État vis-à-vis des religions est souvent associé aux républiques modernes. Quatrièmement, la constitution est l'acte fondateur qui organise les institutions, garantit les droits et libertés des citoyens et limite le pouvoir. Les républiques peuvent être présidentielles (États-Unis, Brésil), où le président est à la fois chef de l'État et du gouvernement ; parlementaires (Allemagne, Inde), où un Premier ministre issu de la majorité parlementaire dirige, et le président a un rôle souvent protocolaire ; ou semi-présidentielles (France, Russie), qui combinent un président élu au suffrage universel et un gouvernement responsable devant le parlement.
Histoire
Le concept remonte à l'Antiquité, notamment avec la République romaine (509-27 av. J.-C.), où le pouvoir était partagé entre les magistrats, le Sénat et les assemblées du peuple. La philosophie politique grecque, avec Platon et Aristote, a également théorisé les régimes politiques. Après une longue éclipse durant le Moyen Âge monarchique, l'idée républicaine renaît avec les cités-États italiennes (Venise, Florence) et la République des Provinces-Unies (Pays-Bas) au XVIe siècle. Les révolutions des XVIIe et XVIIIe siècles la consacrent comme modèle moderne : la Glorieuse Révolution en Angleterre (1688), la Révolution américaine (1776) qui donne naissance à la première grande république fédérale, et surtout la Révolution française (1789) qui proclame la Première République en 1792 et diffuse les idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité. Le XIXe et le XXe siècles voient l'expansion mondiale du modèle républicain, souvent au détriment des empires et monarchies, avec des variantes incluant les républiques populaires à parti unique (ex-URSS, Chine) et les républiques islamiques (Iran).
Caracteristiques
1. **Souveraineté populaire** : Le peuple est la source légitime du pouvoir, exercé par ses représentants ou par référendum. 2. **Élection et temporalité du pouvoir** : Les mandats sont conférés par le vote et sont limités dans le temps, assurant un renouvellement et une responsabilité des dirigeants. 3. **Primauté du droit et de la Constitution** : L'État de droit s'impose à tous, gouvernants et gouvernés. 4. **Séparation des pouvoirs** : Théorisée par Montesquieu, elle distingue le pouvoir législatif (faire les lois), exécutif (appliquer les lois) et judiciaire (trancher les litiges) pour éviter la concentration et l'arbitraire. 5. **Bien commun** : La finalité de l'action publique est l'intérêt général et la chose publique, par opposition aux intérêts privés d'un souverain ou d'une caste. 6. **Citoyenneté** : Statut juridique et politique conférant des droits (vote, éligibilité) et des devoirs (impôts, respect des lois).
Importance
La république est un pilier de la démocratie moderne et de la pensée politique libérale. Elle incarne l'idéal d'émancipation des individus face à l'autorité arbitraire. Son importance réside dans sa capacité à institutionnaliser le changement politique pacifique par les élections, à garantir les libertés fondamentales par un cadre constitutionnel, et à promouvoir l'égalité en droit de tous les citoyens. Elle a été le cadre politique permettant le développement des États-nations et des sociétés pluralistes. Critiquée parfois pour ses lenteurs, ses possibles dérives populistes ou l'éloignement des élus des préoccupations citoyennes, elle reste le modèle de référence pour organiser une société libre et juste. Son adaptation continue (représentation proportionnelle, démocratie participative, justice constitutionnelle) témoigne de sa vitalité.
