Introduction
La démocratie parlementaire est l'une des formes de gouvernement les plus répandues dans le monde, notamment en Europe, au Commonwealth et en Asie. Elle repose sur un principe fondamental de responsabilité politique : le gouvernement est nommé par et doit conserver la confiance de la majorité des élus du parlement. Ce système privilégie la représentation, la négociation et la stabilité gouvernementale par le biais de coalitions, tout en permettant un contrôle continu de l'exécutif par les représentants du peuple.
Description
Dans une démocratie parlementaire, la souveraineté populaire s'exprime par l'élection des membres du parlement (monocaméral ou bicaméral). Le parti ou la coalition qui obtient la majorité des sièges forme le gouvernement. Le chef de l'État (monarque comme au Royaume-Uni, Japon, Espagne, ou président comme en Allemagne, Italie, Inde) joue un rôle essentiellement cérémoniel et symbolique, garant de la continuité de l'État. Le véritable pouvoir exécutif est détenu par le Premier ministre et son cabinet, qui sont simultanément membres du parlement. Le gouvernement est responsable devant le parlement, qui peut le renverser par une motion de censure ou un vote de défiance. En contrepartie, le gouvernement peut généralement dissoudre le parlement et provoquer des élections anticipées. Cette interdépendance crée un équilibre des pouvoirs dit 'souple' ou 'fusionnel'.
Histoire
Les origines de la démocratie parlementaire moderne remontent à la Grande-Bretagne du XVIIIe siècle, avec l'émergence du système de Westminster. L'idée que le gouvernement devait être responsable devant les représentants élus, et non uniquement devant le monarque, s'est progressivement imposée après la Glorieuse Révolution de 1688. Le modèle s'est ensuite diffusé dans l'Empire britannique et a été adopté et adapté par de nombreuses nations au cours des XIXe et XXe siècles, souvent lors de transitions vers la démocratie ou après l'indépendance. L'Allemagne de l'après-Seconde Guerre mondiale (République fédérale) en est devenue un exemple emblématique, combinant représentation parlementaire stricte avec une Cour constitutionnelle puissante. La chute des régimes autoritaires en Europe du Sud dans les années 1970 et en Europe de l'Est après 1989 a également vu l'adoption massive de systèmes parlementaires ou semi-parlementaires.
Caracteristiques
1. **Responsabilité gouvernementale** : Le gouvernement doit conserver la confiance du parlement, généralement de sa chambre basse. 2. **Fusion des pouvoirs** : Les membres du gouvernement sont issus du parlement, ce qui facilite l'adoption des lois mais exige une discipline de parti. 3. **Rôle du chef de l'État** : Il est distinct du chef du gouvernement. Son rôle est d'arbitrer, de nommer formellement le Premier ministre et de représenter la nation. 4. **Flexibilité** : En cas de crise politique ou de perte de majorité, un changement de gouvernement peut avoir lieu sans élection générale immédiate (remaniement, coalition nouvelle) ou via des élections anticipées. 5. **Représentation proportionnelle** : Beaucoup de démocraties parlementaires utilisent des modes de scrutin proportionnels ou mixtes, favorisant la représentation de multiples partis et la formation de coalitions. 6. **Existence d'une opposition officielle** : Le principal parti minoritaire joue un rôle institutionnel de contre-pouvoir et de gouvernement alternatif prêt à gouverner.
Importance
La démocratie parlementaire est considérée comme un système favorisant la stabilité, la modération et la recherche de consensus, particulièrement dans des sociétés pluralistes. En obligeant les partis à négocier pour former une majorité, elle tend à marginaliser les positions extrêmes et à produire des politiques plus stables. Elle permet également une adaptation rapide aux changements politiques sans crise constitutionnelle majeure. Cependant, ses critiques pointent les risques d'instabilité gouvernementale en cas de majorités fragiles (ex: la IVe République française), l'excès de pouvoir des partis politiques, et la possible dilution des responsabilités au sein des coalitions. Elle constitue une alternative majeure au système présidentiel, évitant les blocages potentiels entre un exécutif et un législatif rivaux, mais exige une culture politique de compromis.
