Introduction
Le Taekwondo est bien plus qu'un simple sport de combat ; c'est une discipline martiale coréenne qui allie techniques de self-défense, exercices physiques rigoureux et philosophie de vie. Caractérisé par son accent sur les coups de pied hauts, rapides et tournoyants, il se distingue par son aspect dynamique et spectaculaire. Devenu sport olympique en 2000 (Sydney), il est pratiqué par des millions de personnes à travers le monde, tant pour la compétition que pour le développement personnel et la forme physique.
Histoire
Le Taekwondo puise ses racines dans les anciens arts martiaux coréens comme le Taekkyon, le Subak et les pratiques martiales des royaumes coréens (Goguryeo, Silla, Baekje). Sa forme moderne a été systématisée et nommée dans les années 1950, après la libération de la Corée de l'occupation japonaise. Le général Choi Hong-hi a joué un rôle majeur dans sa codification et sa diffusion mondiale via la Fédération Internationale de Taekwondo (ITF), fondée en 1966. Parallèlement, la Corée du Sud a promu un style unifié, aboutissant à la création de la World Taekwondo Federation (WTF, maintenant World Taekwondo - WT) en 1973, qui gère le style sportif et olympique. Son inclusion aux Jeux Olympiques en tant que sport de démonstration en 1988 (Séoul) puis comme sport officiel en 2000 a solidifié son statut international.
Regles
Le combat (kyorugi) oppose deux adversaires de même catégorie de poids et de grade. L'objectif est de marquer le plus de points avec des techniques de frappe autorisées ou de remporter le combat par KO. Le plastron (hogu) et le casque sont électroniques pour détecter les impacts valides sur le tronc et la tête. Les techniques de poing ne rapportent qu'un point et doivent être portées au tronc. Les techniques de pied au tronc valent deux points (trois si tournoyante), et les techniques à la tête valent trois points (quatre si tournoyante). Un coup de pied tournant à la tête rapporte cinq points. Les saisies, les coups sous la ceinture, les attaques au visage avec les poings, les poussées ou les coups dans le dos sont interdits et sanctionnés par des pénalités (Gam-jeom), qui ajoutent un point à l'adversaire. Le Poomsae (enchaînement de techniques contre un adversaire imaginaire) est l'autre discipline majeure, jugée sur la précision, la puissance, l'équilibre et le rythme.
Competitions
La compétition phare est le tournoi olympique, organisé tous les quatre ans. Les Championnats du Monde de Taekwondo (WT) sont l'événement majeur hors Jeux. La Coupe du Monde, les Grands Prix, les Championnats continentaux (Asie, Europe, etc.) et les Jeux Asiatiques sont également des compétitions de très haut niveau. Les compétitions de Poomsae ont aussi leurs propres championnats du monde.
Legendes
Steven Lopez (USA) est une légende, quintuple champion du monde et double champion olympique. Hwang Kyung-seon (Corée du Sud) est la première taekwondoïste triple médaillée d'or olympique. Servet Tazegül (Turquie) a marqué l'Europe en devenant champion olympique et mondial. Jade Jones (GB) a popularisé le sport au Royaume-Uni avec ses deux titres olympiques. Choi Hong-hi, fondateur de l'ITF, et Kim Un-yong, fondateur de la WT et promoteur de l'olympisme, sont des figures historiques incontournables.
Culture
Le Taekwondo est un pilier de l'identité culturelle coréenne et un vecteur majeur du soft power du pays. Sa philosophie, résumée par les cinq principes (courtoisie, intégrité, persévérance, maîtrise de soi, esprit indomptable), est enseignée dès le plus jeune âge. Il est pratiqué dans les écoles et l'armée en Corée du Sud. À l'international, il est perçu comme une discipline exigeante qui améliore la condition physique, la confiance en soi et la discipline mentale. Son inclusion aux JO a standardisé sa pratique sportive, parfois au détriment de ses aspects traditionnels et d'auto-défense, créant un débat permanent entre tradition et modernité au sein de la communauté.
