Introduction
Le zoroastrisme est une religion antique, pré-islamique, qui fut la foi officielle des trois grands empires iraniens (Achéménide, Parthe et Sassanide) pendant plus d'un millénaire. Considérée comme l'une des premières religions monothéistes de l'histoire, elle a profondément influencé les traditions judéo-chrétiennes et l'islam. Sa philosophie morale et eschatologique en fait un système de pensée sophistiqué centré sur le choix éthique de l'individu.
Histoire
Les origines du zoroastrisme sont anciennes et débattues. Le prophète Zoroastre (Zarathoustra) réforma le polythéisme indo-iranien primitif, établissant le culte d'Ahura Mazda comme dieu suprême. La religion s'épanouit sous l'Empire achéménide (Cyrus, Darius), qui la pratiquait de manière tolérante. Elle devint religion d'État sous les Sassanides (224-651 de notre ère). La conquête arabo-musulmane au VIIe siècle entraîna son déclin progressif en Perse. Une communauté, les Parsis, fuit vers l'Inde au VIIIe-Xe siècle, où elle prospéra à Gujarat et Mumbai. Aujourd'hui, les zoroastriens forment une communauté minoritaire mais influente, notamment en Inde et dans la diaspora.
Croyances
Le zoroastrisme est un monothéisme éthique et dualiste. Le dieu unique, omniscient et créateur, est Ahura Mazda (le Seigneur Sage). Face à lui se dresse Angra Mainyu (ou Ahriman), l'Esprit Destructeur, force du Mal et du Chaos. Ce dualisme n'est pas métaphysique mais cosmique et moral : le Mal est une puissance indépendante, non créée par Ahura Mazda. L'être humain, doté de libre arbitre (choix), doit activement se rallier au Bien. La morale repose sur la trilogie : Humata (bonnes pensées), Hukhta (bonnes paroles), Huvarshta (bonnes actions). L'eschatologie est développée : après la mort, l'âme est jugée au Pont du Trieur (Chinvat). Le monde suivra un processus de renouvellement (Frashokereti) après une bataille finale où le Bien triomphera, purifiant même les damnés.
Pratiques
Le feu est le symbole central de la pureté, de la vérité et de la présence divine. Les temples du feu (Atash Behram, Atash Adaran) abritent une flamme perpétuelle. La prière (5 fois par jour) se fait face à une source de lumière. La pureté rituelle (physique et morale) est cruciale. Les éléments (terre, feu, eau) sont sacrés, ce qui a conduit à des pratiques funéraires spécifiques : l'exposition des corps dans les Tours du Silence (dakhma) pour éviter la contamination, bien que cette pratique soit en déclin. Les principales fêtes sont Nowruz (Nouvel An persan), et les Gahambars (fêtes saisonnières). L'initiation, le Navjote, a lieu à l'adolescence.
Branches
Historiquement, des sectes comme le Zurvanisme (focalisé sur le dieu du Temps, Zurvan) ont existé. Aujourd'hui, les principales divisions sont communautaires et géographiques : 1) Les Parsis d'Inde, traditionalistes, avec des règles strictes sur la conversion et le mariage. 2) Les Zoroastriens d'Iran, plus ouverts à la conversion. 3) Les communautés de la diaspora (Amérique, Europe), souvent plus libérales et engagées dans le débat sur la conversion et la modernisation des rites. Des mouvements réformistes, comme celui de l'Ilm-e-Khshnoom, proposent des interprétations mystiques.
Influence mondiale
L'influence du zoroastrisme sur les religions abrahamiques et la pensée occidentale est considérable. Les concepts du dualisme Bien/Mal, du jugement dernier, du paradis et de l'enfer, de la résurrection, de l'ange et du démon, et d'un sauveur eschatologique (Saoshyant) apparaissent dans le judaïsme post-exilique, puis dans le christianisme et l'islam. Son impact sur la philosophie grecque (via l'Académie de Platon) est discuté. Des figures comme Frédéric Nietzsche (avec « Ainsi parlait Zarathoustra ») l'ont popularisé dans la culture moderne. La communauté parsie a joué un rôle économique et philanthropique majeur en Inde.
