Introduction
Le terme 'mandarin' désigne couramment le putonghua ('langue commune'), la langue standardisée promue par la République populaire de Chine. Cette standardisation, principalement basée sur la phonologie du dialecte de Pékin et la grammaire des œuvres littéraires vernaculaires modernes, sert de lingua franca à travers l'immense territoire chinois, unifiant une nation caractérisée par une diversité linguistique extraordinaire.
Description
Le mandarin est une langue tonale et analytique. Sa caractéristique la plus marquante est l'utilisation de quatre tons principaux (plus un ton neutre) pour distinguer le sens des syllabes : un ton haut et plat (premier ton), un ton montant (deuxième), un ton descendant-montant (troisième) et un ton descendant (quatrième). Sa grammaire est relativement simple, dépourvue de conjugaisons verbales, de déclinaisons, de genres grammaticaux ou d'articles. Les relations grammaticales et les temps sont exprimés par l'ordre des mots, les particules et le contexte. Son système d'écriture est non alphabétique ; il utilise des caractères chinois (hanzi), chacun représentant une unité de sens (un morphosyllabe). Environ 3 500 caractères sont nécessaires pour la lecture courante.
Histoire
Les racines du mandarin remontent au chinois archaïque parlé il y a plus de 3 000 ans. Le mandarin moderne trouve son origine dans les dialectes du nord de la Chine, qui ont évolué à partir du chinois moyen. Le dialecte de Pékin a commencé à gagner en prestige sous les dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1912), où il était la langue de l'administration impériale (d'où le nom 'mandarin'). Après la chute de l'empire en 1912, le mouvement pour une langue nationale s'est intensifié. En 1956, la République populaire de Chine a officiellement promulgué le putonghua comme langue nationale standard, lançant des campagnes massives d'éducation et de promotion. Parallèlement, un système de romanisation, le pinyin, a été développé dans les années 1950 pour faciliter l'apprentissage de la prononciation et l'alphabétisation.
Caracteristiques
1. Tonalité : Les quatre tons sont fondamentaux ; une même syllabe (comme 'ma') peut signifier 'mère' (mā, premier ton), 'chanvre' (má, deuxième), 'cheval' (mǎ, troisième) ou 'gronder' (mà, quatrième). 2. Écriture logographique : Les caractères chinois transmettent à la fois le son et le sens. Environ 80% sont des composés phonético-idéographiques, combinant un radical indicatif du sens et un composant suggérant la prononciation. 3. Simplicité grammaticale : Pas de conjugaison, pas d'accord en nombre ou en genre. Exemple : le verbe '吃' (chī, manger) reste identique dans 'je mange', 'il a mangé', 'nous mangerons'. 4. Richesse des classificateurs : L'usage de mots de mesure (classificateurs) est obligatoire entre un numéral/démonstratif et un nom (ex: 'trois [classificateur pour objets longs] crayon'). 5. Ordre des mots SVO : L'ordre de base est Sujet-Verbe-Objet, mais il est strict et joue un rôle grammatical crucial.
Importance
Le mandarin est un pilier de la civilisation chinoise et un acteur géopolitique majeur. Langue maternelle de près d'un milliard de personnes, c'est un outil essentiel pour le commerce, la diplomatie et la recherche académique à l'échelle mondiale. Son apprentissage a explosé avec la montée en puissance économique de la Chine, faisant du mandarin une compétence stratégique. Il est également le véhicule d'une des plus anciennes et riches cultures continues du monde, offrant un accès direct à une littérature, une philosophie et une histoire millénaires. Enfin, il joue un rôle unificateur central en Chine, permettant la communication entre les locuteurs des centaines de dialectes et langues régionales souvent mutuellement inintelligibles (comme le cantonais, le wu ou le min).
