Introduction
L'arabe est bien plus qu'une simple langue de communication ; c'est un pilier civilisationnel qui a porté la science, la philosophie et la littérature pendant des siècles. Parlée par plus de 400 millions de locuteurs natifs, elle est le véhicule du Coran, ce qui lui confère une dimension sacrée pour près de deux milliards de musulmans. Son histoire, sa complexité linguistique et son influence mondiale en font l'une des langues les plus importantes de la planète.
Description
L'arabe appartient à la famille des langues sémitiques, aux côtés de l'hébreu, de l'araméen et de l'amharique. Sa particularité la plus marquante est le phénomène de diglossie : l'arabe standard moderne (ou littéraire) est la langue formelle utilisée dans les médias, la littérature, l'éducation et les discours officiels, tandis que les dialectes arabes (égyptien, maghrébin, levantin, etc.) sont les langues maternelles utilisées dans la vie quotidienne. Ces dialectes peuvent être mutuellement inintelligibles. L'écriture arabe est un abjad cursive, s'écrivant de droite à gauche, composé de 28 lettres fondamentales dont la forme change selon leur position dans le mot. La grammaire est basée sur un système de racines consonantiques (généralement trilittères) auxquelles on ajoute des voyelles, des préfixes et des suffixes pour créer des mots dérivés, permettant une grande expressivité et une cohérence lexicale remarquable.
Histoire
L'histoire de la langue araabe remonte au moins au premier millénaire avant notre ère dans la péninsule Arabique. Sa forme classique s'est fixée et a été préservée grâce à la révélation du Coran au VIIe siècle, un événement qui a standardisé la langue et lui a donné un statut immuable. Avec l'expansion rapide de l'islam et des califats (Omeyyades, Abbassides), l'arabe s'est répandu du Moyen-Orient à l'Afrique du Nord, à la péninsule Ibérique et au-delà. Il est devenu la langue de l'administration, de la science et de la haute culture pendant l'Âge d'or islamique (VIIIe-XIIIe siècles), période durant laquelle d'immenses connaissances grecques, persanes et indiennes ont été traduites et enrichies en arabe. Après une période de déclin relatif, l'arabe standard moderne est né au XIXe siècle avec la Nahda (Renaissance), s'adaptant aux concepts modernes tout en restant fidèle à ses racines classiques.
Caracteristiques
Les caractéristiques principales de l'arabe incluent : 1) Le système racine-tronc : la plupart des mots dérivent d'une racine de trois (parfois quatre) consonnes portant une idée de base (ex: k-t-b pour 'écrire' donne kitāb 'livre', maktab 'bureau', kātib 'écrivain'). 2) L'écriture : l'alphabet arabe est un abjad où seules les consonnes et les voyelles longues sont notées ; les voyelles courtes sont indiquées par des signes diacritiques facultatifs. 3) La phonologie : elle comprend des sons gutturaux et emphatiques (pharyngalisés) uniques, comme le 'ayn (ع). 4) La syntaxe : l'ordre des mots dans la phrase est généralement Verbe-Sujet-Objet, et la langue distingue le duel en plus du singulier et du pluriel. 5) La calligraphie : élevée au rang d'art majeur, avec des styles variés comme le coufique, le naskh ou le thuluth.
Importance
L'importance de l'arabe est immense. En tant que langue liturgique de l'islam, elle est étudiée et récitée par des musulmans du monde entier, indépendamment de leur langue maternelle. C'est une langue officielle des Nations Unies. Son impact sur les autres langues est considérable : l'espagnol, le portugais, le sicilien, le persan, l'ourdou, le swahili et même le français (via l'espagnol ou directement) ont emprunté un vocabulaire substantiel à l'arabe (comme 'sucre', 'algèbre', 'zénith', 'magasin', 'alcool'). Elle reste le vecteur principal d'une culture riche et diversifiée, de la poésie préislamique aux débats intellectuels contemporains, et joue un rôle géopolitique central dans les affaires mondiales, notamment liées à l'énergie, à la diplomatie et aux migrations.
