Introduction
Yom Kippour, célébré le 10 Tichri dans le calendrier hébraïque (généralement en septembre ou octobre), est le point culminant d'une période de quarante jours de repentance qui débute au mois d'Eloul. Plus qu'un simple jour de jeûne, il est perçu comme une opportunité unique de purification spirituelle, de réconciliation avec autrui et avec Dieu, et de renouveau personnel. Son atmosphère est caractérisée par une solennité profonde et une introspection collective.
Description
Yom Kippour est un jour chômé totalement, consacré exclusivement à la vie spirituelle. Cinq interdictions principales sont observées : l'interdiction de manger et de boire (jeûne de 25 heures), de se laver ou se parfumer, de porter des chaussures en cuir, d'avoir des relations conjugales et de travailler. La journée est passée principalement à la synagogue, où se déroulent cinq offices de prière successifs et distincts : Maariv (la veille au soir), Chacharit (le matin), Moussaf (l'office supplémentaire), Min'ha (l'après-midi) et Néïla (la 'fermeture'). L'office de Néïla, unique à Yom Kippour, est particulièrement intense et émouvant, se concluant par la proclamation répétée du 'Chema Israël' et par un grand coup de shofar (corne de bélier) annonçant la fin du jeûne. La liturgie est centrée sur la confession des péchés (Vidoui), récitée à plusieurs reprises, et sur les thèmes de la miséricorde divine et du pardon.
Histoire
Les origines bibliques de Yom Kippour sont décrites dans le Lévitique (chapitre 16). Il était à l'origine le seul jour de l'année où le Grand Prêtre (Cohen Gadol) pouvait pénétrer dans le Saint des Saints du Temple de Jérusalem. Il y effectuait un rituel complexe et précis impliquant des sacrifices d'animaux et la confession des péchés de la nation. Le point culminant était l'envoi d'un bouc émissaire ('se'ir la'Azazel') chargé symboliquement des péchés du peuple et lâché dans le désert. Après la destruction du Second Temple en 70 de l'ère commune, le judaïsme rabbinique a transformé la fête : les sacrifices ont été remplacés par la prière, la repentance (Téchouva) et les actes de charité (Tsédaka). Le rituel du Grand Prêtre est aujourd'hui relaté en détail lors de l'office de Moussaf.
Caracteristiques
Plusieurs rites et symboles marquent Yom Kippour. La veille, il est de coutume de prendre un repas festif (séouda hamafséket) avant le début du jeûne. Une autre tradition prévoit le 'kaparot', un rite d'expiation symbolique (souvent remplacé aujourd'hui par une offrande d'argent). La couleur blanche domine : le rideau de l'Arche sainte (parokhet), la housse de la table de lecture et le vêtement du rabbin sont blancs, symbolisant la pureté et le pardon. Beaucoup portent également un kittel, une tunique blanche simple. Le jeûne est obligatoire pour tous les adultes en bonne santé, avec des dispenses pour les malades, les femmes enceintes ou allaitantes, et les enfants.
Importance
Yom Kippour est considéré comme le jour le plus saint et le plus central de l'année juive. Il est le pilier de la relation entre l'individu, la communauté et Dieu. Son importance dépasse le cadre religieux strict : en Israël, la vie publique s'arrête complètement ; il n'y a ni transports, ni émissions de télévision ou de radio, et les routes sont désertes. Cette journée forge une puissante conscience communautaire et une identité collective. Elle insiste sur l'idée que le pardon divin est conditionné par le pardon accordé à autrui, encourageant ainsi activement la réconciliation et la réparation des torts causés. Pour les Juifs, qu'ils soient pratiquants ou non, Yom Kippour reste un moment fort de réflexion et de connexion à leur héritage.
