Sir Alexander Fleming

Bactériologiste écossais, célèbre pour la découverte fortuite de la pénicilline en 1928, une substance antibiotique révolutionnaire qui a inauguré l'ère moderne des antibiotiques et sauvé des millions de vies.

Introduction

Alexander Fleming est une figure emblématique de la médecine du XXe siècle. Bien que souvent présenté comme le découvreur 'chanceux' de la pénicilline, son œuvre scientifique est plus vaste et repose sur une curiosité et une rigueur d'observation exceptionnelles. Sa carrière, entièrement dédiée à la recherche en bactériologie et en immunologie, a été marquée par deux découvertes majeures : le lysozyme et la pénicilline. Son héritage a radicalement transformé la lutte contre les infections bactériennes.

Jeunesse

Issu d'une famille modeste de fermiers écossais, Fleming déménage à Londres à l'âge de 13 ans. Il travaille d'abord comme employé de bureau avant d'entreprendre des études de médecine grâce à un héritage. Il intègre la St Mary's Hospital Medical School en 1901, où il restera toute sa carrière. Influencé par le bactériologiste Sir Almroth Wright, pionnier de la vaccinothérapie, il se spécialise en bactériologie et rejoint l'équipe de recherche de l'Inoculation Department de St Mary's. Il sert comme capitaine dans le Royal Army Medical Corps pendant la Première Guerre mondiale, où il est profondément marqué par la mortalité due aux infections des plaies, ce qui orientera ses futures recherches.

Decouvertes

En 1921, Fleming découvre le lysozyme, une enzyme antibactérienne présente dans les larmes, le mucus et le blanc d'œuf. Cette découverte, bien que limitée dans ses applications pratiques, démontre l'existence de substances naturelles capables de lyser (détruire) certaines bactéries sans toxicité pour l'organisme humain. La découverte capitale survient le 28 septembre 1928. De retour de vacances, Fleming observe qu'une culture de staphylocoques laissée à l'abandon dans son laboratoire avait été contaminée par une moisissure (Penicillium notatum). Il remarque avec acuité que les bactéries autour de la moisissure avaient été lysées. Il nomme la substance active 'pénicilline' et démontre son efficacité contre de nombreux pathogènes gram-positifs et son innocuité pour les leucocytes. Il publie ses résultats en 1929, mais ne parvient pas à isoler et stabiliser le composé en quantité suffisante pour des applications thérapeutiques.

Methode

Fleming était un expérimentateur méticuleux et un observateur hors pair. Sa méthode reposait sur une culture visuelle directe des bactéries sur des plaques de gélose, une technique qu'il maîtrisait parfaitement. Son laboratoire était souvent décrit comme en désordre, mais il avait une mémoire prodigieuse pour ses cultures. La découverte de la pénicilline est un parfait exemple de sérendipité – un heureux hasard – mais, comme il l'a dit lui-même, 'le hasard ne favorise que les esprits préparés'. Sa préparation scientifique lui a permis de reconnaître l'importance d'une observation qui aurait pu être négligée.

Reconnaissance

Le potentiel thérapeutique de la pénicilline ne fut pleinement réalisé qu'une décennie plus tard grâce aux travaux de Howard Florey, Ernst Chain et leur équipe à Oxford, qui réussirent à purifier et produire la molécule à grande échelle, permettant son utilisation massive pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1945, Fleming, Florey et Chain reçurent conjointement le prix Nobel de physiologie ou médecine. Fleming fut anobli par le roi George VI en 1944. Il reçut une multitude de doctorats honorifiques, de médailles (comme la Médaille Albert de la Royal Society of Arts) et fut élu Fellow de la Royal Society en 1943.

Heritage

L'héritage de Fleming est immense. La pénicilline est le premier antibiotique véritablement efficace, marquant le début de l'ère des antibiotiques. Elle a révolutionné la médecine en rendant curables des maladies autrefois mortelles comme la pneumonie, la syphilis, la gangrène et la septicémie. Sa découverte a stimulé la recherche sur les agents antimicrobiens, conduisant à la découverte de nombreuses autres classes d'antibiotiques. Cependant, Fleming lui-même avait mis en garde, dès son discours de réception du Nobel, contre le risque de sous-dosage et d'utilisation inappropriée qui pourrait conduire à l'émergence de bactéries résistantes – une prophétie malheureusement devenue réalité avec l'antibiorésistance, l'un des grands défis sanitaires du XXIe siècle.

Citations celebres

Sources

  • Brown, Kevin. 'Penicillin Man: Alexander Fleming and the Antibiotic Revolution'. The History Press, 2005.
  • Hare, Ronald. 'The Birth of Penicillin'. Allen & Unwin, 1970.
  • Discours de réception du prix Nobel par Alexander Fleming, 11 décembre 1945.
  • Biographie de la Royal Society (Fellows).
  • Macfarlane, Gwyn. 'Alexander Fleming: The Man and the Myth'. Harvard University Press, 1984.
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