Introduction
Le Syndrome Respiratoire du Moyen-Orient (MERS) représente une menace significative pour la santé publique mondiale depuis son émergence au début des années 2010. Classé dans la famille des coronavirus, aux côtés du SRAS-CoV-1 et du SRAS-CoV-2 (responsable de la COVID-19), le MERS-CoV se distingue par sa gravité clinique et son ancrage géographique principal dans la péninsule arabique. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le considère comme un pathogène prioritaire en raison de son potentiel épidémique.
Description
Le MERS est une maladie respiratoire aiguë sévère. Les symptômes initiaux sont souvent non spécifiques et incluent de la fièvre, des toux, des essoufflements et des douleurs musculaires. Dans les cas graves, l'infection évolue rapidement vers une pneumonie, pouvant nécessiter une ventilation mécanique, et vers une défaillance multi-organes, notamment rénale. Le virus se transmet principalement des dromadaires infectés à l'homme (transmission zoonotique). La transmission interhumaine est possible, mais elle est généralement limitée et nécessite un contact étroit, comme dans les contextes familiaux ou les établissements de soins de santé où les mesures de contrôle des infections sont inadéquates. Le taux de létalité est particulièrement élevé chez les personnes âgées et celles souffrant de comorbidités (diabète, maladies rénales ou cardiaques, immunodépression).
Histoire
Le premier cas identifié de MERS remonte à juin 2012 à Jeddah, en Arabie Saoudite. Le patient, un homme de 60 ans, décéda d'une pneumonie sévère et d'une insuffisance rénale. Peu après, un deuxième cas fut identifié au Royaume-Uni chez un homme ayant voyagé au Moyen-Orient. Le virus fut isolé et séquencé, révélant un nouveau coronavirus, baptisé MERS-CoV. Des investigations rétrospectives ont permis d'identifier des cas antérieurs en Jordanie en avril 2012. La plus grande flambée hors de la péninsule arabique eut lieu en Corée du Sud en 2015, à la suite du retour d'un voyageur du Moyen-Orient. Cette épidémie, avec 186 cas et 38 décès, a mis en lumière les risques de dissémination internationale et les défaillances dans le contrôle des infections en milieu hospitalier. Depuis 2012, plus de 27 pays ont signalé des cas, la majorité étant liée au Moyen-Orient.
Caracteristiques
Le MERS-CoV est un bêtacoronavirus du lignage C. Il utilise la dipeptidyl peptidase-4 (DPP4) comme récepteur principal pour pénétrer dans les cellules humaines, un récepteur présent en abondance dans les voies respiratoires inférieures, ce qui explique en partie la gravité des pneumonies. Contrairement au SARS-CoV-2, sa transmission interhumaine est inefficace en communauté, ce qui a empêché jusqu'à présent une pandémie mondiale. Le réservoir naturel est la chauve-souris, mais le dromadaire agit comme l'hôte réservoir intermédiaire et la source principale d'infection humaine. Une proportion importante de dromadaires dans la région Moyen-Orient et Afrique est séropositive, et le virus peut être détecté dans leurs sécrétions nasales et leur lait. La consommation de lait de dromadaire cru est un facteur de risque documenté.
Importance
Le MERS est un rappel crucial de la menace permanente des zoonoses et de l'émergence de nouveaux agents pathogènes. Son taux de létalité exceptionnellement élevé en fait un sujet de préoccupation majeur pour les autorités sanitaires. Il a servi de catalyseur pour renforcer les systèmes de surveillance des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) dans le monde, en particulier dans la région du Golfe. La gestion de l'épidémie sud-coréenne a fourni des leçons précieuses sur l'importance d'une réponse rapide, de la communication transparente et du strict isolement des cas, enseignements partiellement réutilisés lors de la pandémie de COVID-19. La recherche sur le MERS a également accéléré le développement de plateformes vaccinales et thérapeutiques contre les coronavirus.
