Introduction
Le diabète sucré, communément appelé diabète, est un trouble métabolique hétérogène défini par une hyperglycémie chronique. Il constitue l'une des maladies non transmissibles les plus répandues et à la croissance la plus rapide au monde. Son impact sur la santé individuelle et les systèmes de soins est considérable, en raison de ses complications dégénératives à long terme et de son association avec d'autres pathologies comme l'hypertension et les dyslipidémies.
Description
Le diabète est principalement classé en deux types. Le diabète de type 1, anciennement appelé insulinodépendant, est une maladie auto-immune où le système immunitaire détruit les cellules bêta du pancréas, productrices d'insuline. Il apparaît généralement chez l'enfant ou le jeune adulte et nécessite un traitement à vie par injections d'insuline. Le diabète de type 2, le plus fréquent (environ 90% des cas), est caractérisé par une résistance à l'insuline (les cellules y répondent mal) associée à une insuffisance progressive de sa sécrétion. Il est fortement lié au surpoids, à l'obésité, à la sédentarité et à des facteurs génétiques. D'autres formes existent, comme le diabète gestationnel (pendant la grossesse) ou des diabètes secondaires à d'autres maladies. Le diagnostic repose sur la mesure de la glycémie : à jeun ≥ 1.26 g/L (7.0 mmol/L) à deux reprises, ou ≥ 2 g/L (11.1 mmol/L) à tout moment, ou encore un taux d'HbA1c (hémoglobine glyquée, reflet de la glycémie sur 3 mois) ≥ 6.5%.
Histoire
La maladie est connue depuis l'Antiquité. Des médecins égyptiens (papyrus Ebers, 1500 av. J.-C.) décrivaient un syndrome avec polyurie (urines abondantes). Le terme 'diabète' (qui signifie 'passer à travers' en grec) fut attribué par Arétée de Cappadoce au Iᵉʳ siècle apr. J.-C., évoquant l'écoulement incessant des liquides. Le qualificatif 'sucré' (mellitus) fut ajouté plus tard, après que Thomas Willis ait noté le goût sucré des urines au XVIIᵉ siècle. La distinction entre type 1 et type 2 fut établie au XXᵉ siècle. La découverte capitale de l'insuline en 1921-1922 par Frederick Banting, Charles Best, John Macleod et James Collip transforma le diabète de type 1 d'une sentence de mort en une maladie chronique contrôlable, leur valant le prix Nobel en 1923. L'évolution du diabète de type 2, en parallèle des changements de mode de vie, en a fait une pandémie moderne.
Caracteristiques
Les symptômes classiques du diabète non contrôlé sont la polyurie (urines fréquentes), la polydipsie (soif intense), la polyphagie (faim excessive) et une perte de poids inexpliquée (surtout dans le type 1). À long terme, l'hyperglycémie chronique endommage les vaisseaux sanguins. Les complications microvasculaires (petits vaisseaux) incluent la rétinopathie (risque de cécité), la néphropathie (insuffisance rénale) et la neuropathie (douleurs, perte de sensibilité, pied diabétique). Les complications macrovasculaires (gros vaisseaux) augmentent fortement le risque d'infarctus, d'accident vasculaire cérébral et d'artérite des membres inférieurs. La prise en charge est multidisciplinaire : alimentation équilibrée, activité physique régulière, surveillance glycémique, médicaments (antidiabétiques oraux comme la metformine, agonistes du GLP-1, insuline) et éducation thérapeutique.
Importance
Le diabète est un défi sanitaire mondial de premier ordre. Selon la Fédération Internationale du Diabète, plus de 537 millions d'adultes vivaient avec le diabète en 2021, un chiffre qui pourrait atteindre 643 millions d'ici 2030. Il est une cause majeure de cécité, d'insuffisance rénale, d'infarctus, d'AVC et d'amputation non traumatique des membres inférieurs. Son coût économique est colossal, englobant les soins directs et les pertes de productivité. La prévention, notamment du type 2 par la promotion d'une alimentation saine et de l'activité physique, est un axe prioritaire de santé publique. La recherche se poursuit sur les pancréas artificiels, les cellules souches, les immunothérapies pour le type 1 et de nouveaux médicaments plus efficaces et mieux tolérés.
