Introduction
Vénus, nommée d'après la déesse romaine de l'amour et de la beauté, est un monde de paradoxes. Sa brillance séduisante depuis la Terre contraste radicalement avec les conditions hostiles qui règnent à sa surface. Longtemps imaginée comme une version tropicale ou océanique de notre planète, l'exploration spatiale a révélé à partir des années 1960 un véritable enfer, faisant de Vénus un laboratoire crucial pour comprendre l'évolution des planètes telluriques et les mécanismes de l'effet de serre.
Description
Vénus orbite autour du Soleil en 224,7 jours terrestres, mais sa rotation sur elle-même est extrêmement lente et rétrograde : un jour vénusien dure 243 jours terrestres, et le Soleil s'y lève à l'ouest pour se coucher à l'est. Elle est entourée d'une atmosphère extrêmement dense, composée à 96,5% de dioxyde de carbone (CO2) et à 3,5% d'azote, avec des nuages épais d'acide sulfurique à environ 50-70 km d'altitude. Cette atmosphère crée un effet de serre incontrôlé, piégeant la chaleur solaire. La pression atmosphérique au sol est 92 fois supérieure à celle de la Terre, équivalente à la pression subie à 900 mètres de profondeur dans un océan terrestre. La surface, longtemps cachée, a été cartographiée par radar. Elle présente un paysage volcanique avec de vastes plaines basaltiques, des milliers de volcans (dont certains pourraient être actifs), des montagnes et deux grands « continents » : Ishtar Terra (grand comme l'Australie) et Aphrodite Terra (grand comme l'Amérique du Sud).
Histoire
Observée depuis l'Antiquité, Vénus a été identifiée par les Babyloniens, les Grecs et les Romains. Galilée, en 1610, observa ses phases, confirmant le modèle héliocentrique de Copernic. Les télescopes ne pouvaient percer ses nuages, laissant place à des spéculations sur des jungles ou des océans. L'ère spatiale a commencé avec les survols de Mariner 2 (1962), première sonde interplanétaire réussie, qui mesura sa température torride. L'Union soviétique a mené un programme intense avec les sondes Venera, qui ont réussi les premiers atterrissages et les premières images de la surface (Venera 9, 1975). La mission américaine Magellan (1990-1994) a réalisé une cartographie radar globale de haute résolution. Plus récemment, les missions Venus Express (ESA, 2006-2014) et Akatsuki (JAXA, depuis 2015) étudient son atmosphère et sa climatologie.
Caracteristiques
Diamètre : 12 104 km (95% de celui de la Terre). Masse : 4,867 × 10^24 kg (81,5% de la masse terrestre). Gravité de surface : 8,87 m/s² (90% de celle de la Terre). Température moyenne de surface : 465°C (assez pour faire fondre le plomb). Atmosphère : Dense, principalement CO2, avec des vents soufflant à 360 km/h en altitude (super-rotation), mais très faibles en surface. Champ magnétique : Très faible, dû à sa rotation lente, ne la protégeant pas du vent solaire. Topographie : Relativement lisse, avec peu de cratères d'impact (la surface est géologiquement jeune, ~300-600 millions d'années), suggérant un resurfaçage volcanique global. Point culminant : Maxwell Montes (11 km d'altitude).
Importance
Vénus est fondamentale pour la science planétaire. Elle sert de contre-exemple à la Terre, démontrant les conséquences extrêmes d'un effet de serre galopant, offrant ainsi un cadre pour étudier le changement climatique. Son étude aide à comprendre la formation et l'évolution des planètes telluriques : pourquoi, avec des points de départ similaires, Vénus et la Terre ont-elles connu des destins si différents ? Elle pose des questions sur l'habitabilité des exoplanètes de type terrestre. Technologiquement, elle représente un défi majeur pour l'ingénierie spatiale en raison de ses conditions extrêmes. Enfin, elle reste une cible pour des missions futures visant à étudier son atmosphère, sa géologie et sa possible activité volcanique.
