Introduction
La peau, ou tégument, est un organe à part entière, le plus lourd et le plus étendu du corps humain. Chez un adulte, elle représente environ 16% de la masse corporelle, pour une surface de 1,5 à 2 m² et une épaisseur variant de 0,5 mm (paupière) à 4 mm (dos). Bien plus qu'une simple enveloppe, c'est un système dynamique et multifonctionnel essentiel à la survie, en interaction permanente avec l'extérieur. Son étude, la dermatologie, révèle une structure étonnamment complexe.
Description
La peau est organisée en trois couches principales superposées. L'épiderme, la couche la plus superficielle, est un épithélium stratifié kératinisé. Il est principalement composé de kératinocytes qui se multiplient à la base et migrent vers la surface en se chargeant de kératine, une protéine fibreuse et résistante, pour finalement se desquamer sous forme de squames. Ce renouvellement complet dure environ 28 jours. L'épiderme abrite aussi les mélanocytes (producteurs de mélanine, pigment responsable de la couleur de la peau et de la protection contre les UV), les cellules de Langerhans (défense immunitaire) et les cellules de Merkel (sensibilité tactile). Sous l'épiderme se trouve le derme, une couche de tissu conjonctif dense et vascularisé. Il contient des fibres de collagène (résistance) et d'élastine (élasticité), des vaisseaux sanguins et lymphatiques, des terminaisons nerveuses sensorielles (toucher, pression, chaleur, douleur) et les annexes cutanées : les follicules pileux avec leurs muscles horripilateurs, les glandes sudoripares (sueur) et les glandes sébacées (sébum). Enfin, l'hypoderme, ou tissu sous-cutané, est une couche profonde de tissu conjonctif lâche et de cellules adipeuses (adipocytes). Il sert d'isolant thermique, de réserve énergétique et d'amortisseur mécanique.
Histoire
La peau a toujours été un marqueur social, culturel et médical majeur. Dans l'Antiquité, les Égyptiens utilisaient déjà des onguents pour la protéger. Au fil des siècles, sa couleur est devenue un critère de classification raciale erroné et source de discriminations profondes. Les tatouages, les scarifications et les peintures corporelles, pratiqués depuis le Néolithique, témoignent de son rôle comme support d'identité et d'appartenance. L'étude scientifique de la peau a progressé avec l'invention du microscope. Au XVIIe siècle, Marcello Malpighi décrit les couches de l'épiderme (couche de Malpighi). Au XIXe siècle, la découverte des mélanocytes et la compréhension de son rôle dans la thermorégulation ont marqué des étapes clés. Le XXe siècle a vu naître la dermatologie moderne, la cosmétologie scientifique et les greffes cutanées, révolutionnant le traitement des brûlures graves.
Caracteristiques
La peau possède des propriétés physiques remarquables : elle est à la fois souple, résistante à la déchirure et légèrement extensible. Son pH est acide (environ 5,5), formant le « manteau acide » qui inhibe la croissance de nombreux microbes pathogènes. Elle héberge pourtant un écosystème microbien complexe, le microbiome cutané, essentiel à la santé. La peau est aussi le siège de la synthèse de vitamine D sous l'action des rayons UVB du soleil. Sa couleur, déterminée génétiquement, dépend de la quantité, du type et de la distribution de la mélanine (eumélanine brune/noire et phéomélanine rouge/jaune). La sudation, via les glandes eccrines (thermorégulation) et apocrines (odeurs), est un système de refroidissement par évaporation hautement efficace.
Importance
L'importance de la peau est vitale. Sa fonction barrière protège contre les agressions physiques, chimiques, les micro-organismes et la déshydratation. C'est un organe sensoriel primordial, notre interface principale avec le monde. Elle régule la température corporelle par la vasodilatation/vasoconstriction des vaisseaux du derme et la transpiration. Elle joue un rôle immunologique via les cellules de Langerhans. Enfin, son aspect a un impact psychologique et social immense, influençant la perception de soi et les interactions. Les pathologies cutanées (eczéma, psoriasis, cancers comme le carcinome ou le mélanome) peuvent donc avoir des conséquences à la fois physiques et psychologiques sévères. La peau est un miroir de notre santé interne et de notre histoire personnelle.
