Introduction
Les muscles lisses constituent l'un des trois principaux types de tissu musculaire du corps humain, aux côtés des muscles squelettiques (striés volontaires) et du muscle cardiaque. Ils sont dits "lisses" car, observés au microscope, ils ne présentent pas les stries caractéristiques des autres types musculaires. Présents dans la paroi des organes creux et des conduits, ils assurent le mouvement et le contrôle du diamètre de ces structures de manière totalement involontaire, sous le contrôle du système nerveux autonome et de signaux hormonaux.
Description
Les muscles lisses sont composés de cellules fusiformes (en forme de fuseau), mononucléées, beaucoup plus petites que les fibres musculaires squelettiques. Leur appareil contractile est organisé de façon moins ordonnée, avec des filaments d'actine et de myosine disposés en réseau, ce qui explique l'absence de stries. On distingue deux grands types de muscles lisses : les muscles lisses unitaires (ou viscéraux) et les muscles lisses multi-unitaires. Les premiers, majoritaires, sont présents dans les parois des viscères (tube digestif, utérus, uretères, vaisseaux sanguins de petit calibre). Leurs cellules sont électriquement couplées par des jonctions communicantes (gap junctions), permettant la propagation rapide du potentiel d'action et une contraction synchrone de tout l'organe (ex: péristaltisme intestinal). Les seconds, comme les muscles ciliaires de l'œil ou les muscles érecteurs des poils, sont constitués de cellules plus indépendantes, innervées individuellement, permettant un contrôle plus fin et localisé.
Histoire
La distinction entre muscles striés et lisses a été établie au XVIIe siècle avec les premières observations microscopiques. Le médecin et biologiste Marcello Malpighi est souvent crédité de descriptions précoces. Au XIXe siècle, les travaux de physiologistes comme Claude Bernard sur le système nerveux autonome ont permis de comprendre leur contrôle involontaire. La découverte du rôle des ions calcium comme déclencheur majeur de la contraction (différent du mécanisme des muscles squelettiques) et celle des propriétés myogéniques (capacité à se contracter spontanément sans stimulation nerveuse) ont marqué le XXe siècle. La recherche actuelle se concentre sur leur implication dans des pathologies majeures comme l'hypertension artérielle, l'asthme ou les troubles digestifs fonctionnels.
Caracteristiques
Les muscles lisses possèdent des propriétés physiologiques uniques. 1) Contrôle involontaire : régis par le système nerveux autonome (sympathique et parasympathique) et des hormones. 2) Tonus basal : ils maintiennent une contraction partielle permanente (tonus), cruciale pour la pression artérielle. 3) Plasticité : ils peuvent s'allonger ou se raccourcir considérablement tout en maintenant leur force de contraction (ex: vessie). 4) Réponse lente et durable : leur contraction est plus lente à se déclencher et à se relâcher, mais peut se maintenir longtemps avec une faible dépense énergétique. 5) Sensibilité à l'étirement : l'étirement mécanique de la cellule peut directement déclencher une contraction (réponse myogénique, essentielle dans l'autorégulation du flux sanguin). 6) Métabolisme : principalement aérobie, mais capable de fermentation lactique.
Importance
L'importance des muscles lisses est vitale. Ils sont les acteurs principaux de l'homéostasie interne. Dans le système vasculaire, leur contraction régule la pression artérielle et la distribution du sang. Dans le système digestif, leurs ondes péristaltiques font progresser le bol alimentaire. Ils contrôlent la bronchodilatation et la bronchoconstriction dans les poumons. Ils permettent l'expulsion de l'urine (vessie), des selles (côlon) ou du bébé lors de l'accouchement (utérus). Leur dysfonctionnement est à l'origine de pathologies graves et fréquentes : l'hypertension (contraction excessive des artérioles), l'asthme (spasme des bronches), les coliques néphrétiques (contraction douloureuse de l'uretère), l'athérosclérose (qui altère leur fonction) ou le syndrome de l'intestin irritable.
