Introduction
Le gros intestin, ou côlon, constitue la portion terminale du système digestif, s'étendant de la valvule iléo-cæcale à l'anus. Souvent perçu comme un simple organe d'évacuation, il joue en réalité des rôles physiologiques complexes et vitaux, allant de l'absorption d'eau à la fermentation des fibres, en passant par la synthèse de vitamines et l'hébergement d'un écosystème microbien unique, le microbiote intestinal. Son bon fonctionnement est crucial pour l'homéostasie de l'organisme.
Description
Le gros intestin est un conduit musculaire d'environ 1,5 mètre de long et 6 à 7 cm de diamètre. Anatomiquement, il est divisé en plusieurs segments successifs : le cæcum (avec l'appendice vermiforme), le côlon ascendant (à droite), le côlon transverse (horizontal), le côlon descendant (à gauche), le côlon sigmoïde (en S) et le rectum. Sa paroi interne, dépourvue de villosités contrairement à l'intestin grêle, présente des cryptes de Lieberkühn et des cellules caliciformes sécrétant du mucus pour faciliter le transit. Sa musculature lisse, organisée en trois bandes longitudinales (les tænia coli), crée des haustrations, des renflements caractéristiques qui augmentent la surface d'absorption et brassent le contenu. La valvule iléo-cæcale régule le passage du chyme de l'iléon (fin de l'intestin grêle) vers le cæcum.
Histoire
Les premières descriptions du gros intestin remontent à l'Égypte ancienne et aux travaux d'Hippocrate. Cependant, sa compréhension fonctionnelle a évolué lentement. Galien (IIe siècle) le considérait comme un organe de putréfaction. Au XVIIe siècle, les travaux d'anatomistes comme William Harvey ont affiné sa cartographie. La révolution majeure est intervenue au XIXe et XXe siècles avec la découverte du rôle des bactéries intestinales par Pasteur et Metchnikoff, et la description précise de sa physiologie. Aujourd'hui, il est au cœur de la recherche sur le microbiote et son lien avec la santé globale.
Caracteristiques
Les principales fonctions du gros intestin sont : 1) L'absorption d'eau et d'électrolytes (sodium, potassium, chlorure), concentrant ainsi les déchets. 2) La fermentation des fibres alimentaires non digestibles par le microbiote, produisant des acides gras à chaîne courte (comme le butyrate), source d'énergie pour les cellules du côlon et bénéfiques pour la santé. 3) La synthèse de certaines vitamines (K, B12, thiamine, riboflavine) par les bactéries. 4) Le stockage temporaire des matières fécales dans le rectum avant l'exonération (défécation). Le transit y est lent (24 à 48 heures), permettant ces processus.
Importance
Le gros intestin est indispensable à l'équilibre hydrique et électrolytique du corps. Un dysfonctionnement (diarrhée ou constipation) peut entraîner une déshydratation ou une intoxication. Son microbiote, composé de milliers de milliards de bactéries, forme un organe à part entière, influençant l'immunité (70% des cellules immunitaires s'y trouvent), le métabolisme, et même l'humeur via l'axe intestin-cerveau. Des déséquilibres du microbiote (dysbiose) sont associés à des maladies inflammatoires chroniques (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique), au syndrome du côlon irritable, à l'obésité, et à certains troubles neurologiques. Le dépistage du cancer colorectal, l'un des cancers les plus fréquents, souligne son importance en santé publique.
