Introduction
Le fémur, communément appelé os de la cuisse, est une pièce maîtresse du squelette humain. Sa robustesse et sa taille en font un élément anatomique essentiel pour la locomotion bipède, caractéristique fondamentale de l'espèce humaine. Il sert de pilier central entre le bassin et le membre inférieur, transmettant les forces mécaniques considérables générées par la station debout et le déplacement.
Description
Le fémur est un os long, classiquement divisé en trois parties : l'extrémité proximale (supérieure), la diaphyse (corps) et l'extrémité distale (inférieure). L'extrémité proximale comprend la tête fémorale, une sphère lisse qui s'articule avec l'acétabulum du bassin pour former l'articulation coxo-fémorale (hanche). Cette tête est reliée au corps par le col du fémur, une région sujette aux fractures chez les personnes âgées. Juste en dessous du col se trouvent le grand trochanter et le petit trochanter, qui sont des sites d'insertion pour de nombreux muscles puissants de la hanche et de la fesse. La diaphyse, légèrement arquée vers l'avant, présente une surface lisse sur sa face antérieure et une crête rugueuse à l'arrière, la ligne âpre, où s'insèrent les muscles adducteurs. L'extrémité distale s'élargit pour former les condyles fémoraux médial et latéral, deux masses osseuses recouvertes de cartilage qui s'articulent avec le tibia pour former l'articulation du genou. Entre eux se trouve l'échancrure intercondylienne.
Histoire
L'étude du fémur remonte à l'Antiquité, où des médecins comme Hippocrate décrivaient déjà les fractures de cet os. Son nom vient du latin 'femur', qui signifie 'cuisse'. En paléoanthropologie, le fémur est un os clé pour comprendre l'évolution de la bipédie. La forme, l'angle et les marqueurs musculaires des fémurs fossiles, comme ceux de l'australopithèque Lucy (AL 288-1), ont permis aux scientifiques de retracer la transition vers une marche debout permanente. La longueur du fémur est également utilisée en anthropologie médico-légale pour estimer la stature d'un individu à partir de son squelette.
Caracteristiques
Le fémur présente des caractéristiques biomécaniques remarquables. Il peut supporter une pression allant jusqu'à 10 à 15 fois le poids du corps lors d'activités comme la course ou le saut. Sa structure interne est optimisée pour cette résistance : la diaphyse est composée d'os cortical dense et épais, tandis que les extrémités sont constituées d'os spongieux (trabéculaire) organisé en travées qui suivent les lignes de force, offrant à la fois légèreté et solidité. L'os est vascularisé par plusieurs artères, dont l'artère fémorale profonde et les artères circonflexes fémorales. L'angle formé entre le col et le corps du fémur (angle d'inclinaison) est d'environ 125 degrés chez l'adulte, ce qui contribue à l'efficacité de la marche.
Importance
L'importance du fémur est multidimensionnelle. Fonctionnellement, il est indispensable à la mobilité humaine. Anatomiquement, il sert de point d'ancrage à plus de vingt muscles, dont les plus puissants du corps (quadriceps, ischio-jambiers, adducteurs, fessiers). Cliniquement, les fractures du col fémoral ou de la diaphyse sont des urgences orthopédiques majeures, souvent liées à l'ostéoporose ou à des traumatismes violents, et peuvent avoir des conséquences graves sur l'autonomie. En médecine légale, sa morphologie et ses mesures sont des indicateurs précieux pour l'identification. Enfin, sa moelle osseuse est un site majeur d'hématopoïèse, la production des cellules sanguines.
