Introduction
La cage thoracique, constituée principalement des côtes, du sternum et des vertèbres thoraciques, est une structure biomécanique remarquable. Les côtes en sont les éléments latéraux et postérieurs, formant une armature flexible et résistante. Elles sont fondamentales pour la survie, assurant une double fonction de bouclier et de levier respiratoire.
Description
L'être humain possède généralement 12 paires de côtes (24 côtes au total), bien que des variations numériques (côtes cervicales ou lombaires surnuméraires) existent. Elles sont classées en trois catégories selon leur attache antérieure au sternum : les 7 premières paires sont les 'vraies côtes' (ou côtes sternales), car elles s'articulent directement avec le sternum via leurs propres cartilages costaux. Les 8e, 9e et 10e paires sont les 'fausses côtes' (ou côtes asternales), dont les cartilages se fusionnent pour s'attacher au cartilage de la 7e côte. Les 11e et 12e paires sont les 'côtes flottantes' (ou côtes libres), car leur extrémité antérieure est libre et ne s'attache pas au sternum. Chaque côte est un os plat, long et courbe, présentant une tête (qui s'articule avec les corps vertébraux), un col, un tubercule (pour l'articulation avec l'apophyse transverse de la vertèbre) et un corps. La face interne de la côte présente un sillon costal où cheminent les vaisseaux et nerfs intercostaux. Les côtes sont reliées entre elles par les muscles intercostaux, essentiels à la respiration.
Histoire
L'étude des côtes remonte à l'Antiquité. Dans le mythe de la création d'Ève à partir d'une côte d'Adam, cet os est symboliquement associé à la vie et à l'égalité. Hippocrate et Galien décrivent déjà les fractures costales. Léonard de Vinci, dans ses dessins anatomiques, représente avec une précision inédite la courbure et l'articulation des côtes. Au XVIIe siècle, l'anatomiste anglais William Harvey utilise la cage thoracique pour expliquer le mouvement du cœur et des poumons. La compréhension de leur rôle dans la respiration s'est affinée avec les travaux sur la mécanique ventilatoire aux XVIIIe et XIXe siècles. Aujourd'hui, leur étude est cruciale en traumatologie, chirurgie thoracique et anthropologie physique (pour déterminer l'âge, le sexe ou les pathologies sur des squelettes).
Caracteristiques
Les principales caractéristiques des côtes sont leur élasticité et leur résistance. Leur courbure en 'C' et leur composition (os cortical dense à l'extérieur, os spongieux à l'intérieur) leur permettent d'absorber et de dissiper les chocs. Leur mobilité est permise par deux articulations synoviales principales : l'articulation costo-vertébrale (avec la colonne) et, pour les vraies côtes, l'articulation chondro-sternale. Lors de l'inspiration, les muscles intercostaux externes et le diaphragme soulèvent les côtes, augmentant les diamètres antéro-postérieur et transversal du thorax (mouvement de 'anse de seau' et de 'pompe'). À l'expiration, la relaxation musculaire et l'élasticité des côtes et des poumons ramènent la cage thoracique à sa position de repos. Les côtes flottantes (11 et 12) offrent une protection partielle aux reins et permettent l'insertion de muscles abdominaux puissants.
Importance
L'importance des côtes est vitale. Leur fonction protectrice est primordiale : elles forment un bouclier osseux autour du cœur, des poumons, de l'aorte thoracique, de la veine cave supérieure et de l'œsophage. Sans cette protection, ces organes seraient extrêmement vulnérables aux traumatismes. Leur fonction respiratoire est tout aussi critique : elles transforment les contractions musculaires en variations de volume thoracique, permettant la ventilation pulmonaire et donc les échanges gazeux. Pathologiquement, une fracture costale, fréquente en traumatologie, est très douloureuse et peut gêner la respiration, voire perforer un poumon (pneumothorax) ou la rate (pour les basses côtes gauches). Des malformations congénitales, comme le pectus excavatum (thorax en entonnoir), affectent l'esthétique et parfois la fonction cardiorespiratoire. Enfin, les côtes sont un site majeur d'hématopoïèse (production de cellules sanguines) dans la moelle osseuse qu'elles contiennent.
