Introduction
Le Ginkgo biloba, souvent appelé « l'arbre aux quarante écus » ou « l'arbre aux mille écus », est une espèce d'arbre unique au monde, considérée comme un véritable fossile vivant. Appartenant à la division des Ginkgophyta, il est le seul représentant actuel de sa classe, de son ordre, de sa famille et de son genre, ce qui en fait un trésor de la biodiversité végétale. Son histoire évolutive remonte à plus de 270 millions d'années, bien avant l'apparition des dinosaures, ce qui lui confère un statut scientifique et culturel exceptionnel.
Description
Le Ginkgo biloba est un grand arbre dioïque (il existe des pieds mâles et femelles distincts) pouvant atteindre 30 à 40 mètres de hauteur. Son port est élancé, avec une cime souvent irrégulière. Son écorce est gris-brun, fissurée avec l'âge. Sa caractéristique la plus distinctive est son feuillage caduc : les feuilles sont en forme d'éventail (falciformes), bilobées (d'où le nom 'biloba'), et présentent une nervation dichotomique (les nervures se divisent en deux à plusieurs reprises). En automne, elles prennent une magnifique couleur jaune doré spectaculaire. Les arbres femelles produisent des ovules qui, une fois fécondés, se développent en fruits charnus de la taille d'une prune. Ces fruits, à maturité, dégagent une odeur nauséabonde de beurre rance due à l'acide butanoïque qu'ils contiennent, ce qui limite souvent la plantation des sujets femelles en milieu urbain. Les graines à l'intérieur, appelées « noix de ginkgo », sont comestibles après cuisson et utilisées dans la cuisine asiatique.
Histoire
L'histoire du Ginkgo est une saga de survie. Présent sur toute la planète à l'ère du Mésozoïque, il a failli disparaître lors des glaciations du Pléistocène, ne survivant probablement que dans quelques refuges montagneux du sud-est de la Chine. Il a été préservé et vénéré autour des temples bouddhistes en Chine, en Corée et au Japon depuis plus de mille ans. Le premier Ginkgo fut introduit en Europe (au jardin botanique d'Utrecht) vers 1730 par le médecin et botaniste allemand Engelbert Kaempfer, qui l'avait décrit lors de son séjour au Japon. En France, le premier spécimen fut planté au Jardin des Plantes de Montpellier en 1778. Depuis, il s'est répandu dans le monde entier comme arbre d'ornement et d'alignement, apprécié pour sa résistance remarquable.
Caracteristiques
Ses caractéristiques physiologiques sont extraordinaires. Le Ginkgo est d'une robustesse à toute épreuve : il résiste à la pollution atmosphérique, aux maladies, aux insectes, aux champignons, au sel de déneigement, et même aux radiations. Des spécimens ont survécu à seulement un kilomètre de l'hypocentre de la bombe atomique d'Hiroshima en 1945, repoussant dès l'année suivante, devenant un symbole de résilience et d'espoir. Son bois est de qualité médiocre, mais son système racinaire est puissant. C'est un arbre à croissance lente, mais d'une longévité prodigieuse, certains sujets en Chine étant estimés à plus de 2 500 ans. Sa reproduction est primitive : les spermatozoïdes des grains de pollen sont mobiles et nagent dans un liquide pour féconder l'ovule, un mécanisme hérité des fougères et des cycas, rare chez les plantes à graines.
Importance
L'importance du Ginkgo biloba est multiple. Scientifiquement, c'est un lien vivant avec un passé géologique lointain, une fenêtre sur l'évolution des plantes. Écologiquement et urbainnement, c'est un arbre pionnier précieux pour les villes en raison de sa résistance. Culturellement, il est un symbole de longévité, de résilience et de paix en Asie. Économiquement, il est la base d'une industrie phytopharmaceutique majeure. Ses feuilles sont utilisées dans de nombreuses préparations (extraits standardisés, infusions) pour leurs propriétés vasodilatatrices, antioxydantes et fluidifiantes sanguines, visant à améliorer les troubles de la mémoire, la circulation cérébrale et périphérique. Cependant, son efficacité fait l'objet de débats scientifiques et ses interactions médicamenteuses nécessitent une grande prudence.
