Introduction
Le blé (genre *Triticum*) est une graminée annuelle qui constitue, avec le riz et le maïs, l'une des trois céréales les plus cultivées sur la planète. Sa domestication, il y a environ 10 000 ans dans le Croissant Fertile, a marqué un tournant décisif dans l'histoire humaine, permettant le passage d'une société de chasseurs-cueilleurs à une société agricole sédentaire. Aujourd'hui, sa culture s'étend sur tous les continents, à l'exception de l'Antarctique, faisant de lui un pilier de la sécurité alimentaire mondiale.
Description
Le blé est une plante herbacée pouvant atteindre 0,5 à 1,2 mètre de hauteur. Elle se compose de racines fasciculées, d'une tige creuse (le chaume) formée de plusieurs entre-nœuds, et de feuilles linéaires. L'inflorescence est un épi composé d'épillets disposés en quinconce le long d'un axe central (le rachis). Chaque épillet contient plusieurs fleurs qui, après fécondation, produisent les grains (caryopses). Le grain de blé est composé de trois parties principales : le son (enveloppe externe riche en fibres), l'endosperme (réserve amylacée, source de farine blanche) et le germe (riche en lipides, vitamines et minéraux). Il existe plusieurs espèces de blé, les plus cultivées étant le blé tendre (*Triticum aestivum*), utilisé pour la panification, et le blé dur (*Triticum durum*), utilisé pour la fabrication des pâtes alimentaires et du couscous.
Histoire
L'histoire du blé est intimement liée à celle de l'humanité. Sa domestication a débuté vers 8000 av. J.-C. au Proche-Orient, à partir d'espèces sauvages comme l'engrain (*Triticum monococcum*). Les premiers agriculteurs ont sélectionné des plantes aux épis plus robustes et aux grains non déhiscents (qui ne tombent pas à maturité). Par hybridations naturelles, des espèces plus productives sont apparues, comme l'amidonnier, puis le blé dur et enfin le blé tendre, plus récent. Le blé s'est diffusé vers l'Europe, l'Afrique et l'Asie. Dans l'Antiquité égyptienne, grecque et romaine, il était déjà la base de l'alimentation. Au Moyen Âge en Europe, sa culture structurait la société autour du système féodal. La révolution agricole puis la révolution verte du XXe siècle, avec la création de variétés à haut rendement et l'utilisation d'intrants, ont considérablement accru la production, transformant le blé en une commodité mondiale.
Caracteristiques
Le blé est une plante de climat tempéré, nécessitant une période de froid (vernalisation) pour certaines variétés d'hiver. Il est principalement classé selon sa dureté (tendre/dur), sa teneur en protéines (notamment en gluten, qui donne l'élasticité à la pâte) et sa saison de semis (blé d'hiver ou de printemps). Le gluten, un complexe de protéines (gliadine et gluténine), est essentiel pour la panification car il forme un réseau élastique qui piège le gaz carbonique lors de la fermentation, permettant à la pâte de lever. Le blé est également une source importante de glucides complexes (amidon), de protéines végétales, de fibres (surtout dans les produits complets), de vitamines du groupe B (B1, B3, B6) et de minéraux comme le fer, le magnésium et le zinc.
Importance
L'importance du blé est colossale. Il fournit environ 20% des calories et des protéines consommées par l'humanité. Il est la matière première de centaines d'aliments fondamentaux : pain, pâtes, semoule, biscuits, gâteaux, et entre dans la composition de nombreux produits transformés. Sur le plan économique, c'est une culture majeure des grandes plaines céréalières (comme celles d'Amérique du Nord, d'Europe, d'Ukraine, d'Argentine et d'Australie). Son cours en Bourse est un indicateur économique sensible. Culturellement, le blé est un symbole universel de fertilité, de vie et de prospérité, présent dans les mythologies et les religions. Cependant, sa monoculture intensive pose des défis environnementaux (épuisement des sols, usage de l'eau, pesticides). La recherche se concentre aujourd'hui sur le développement de variétés plus résistantes à la sécheresse et aux maladies, dans un contexte de changement climatique.
