Introduction
Les pluies de météores comptent parmi les spectacles astronomiques les plus accessibles et les plus poétiques. Contrairement aux apparences, ces "étoiles filantes" ne sont pas des étoiles, mais de minuscules particules de poussière et de roche, souvent pas plus grosses qu'un grain de sable, qui s'enflamment en pénétrant à très haute vitesse dans l'atmosphère terrestre. Lorsque notre planète traverse un nuage dense de ces débris cosmiques, le taux de météores visibles augmente considérablement, créant une "pluie".
Description
Le phénomène se produit lorsque la Terre, dans son mouvement orbital autour du Soleil, traverse la traînée de poussières et de petits débris laissée par une comète (plus rarement un astéroïde). Ces particules, appelées météoroïdes, entrent dans l'atmosphère à des vitesses comprises entre 11 et 72 km/s. La friction avec les molécules d'air les porte à incandescence, créant la traînée lumineuse que l'on observe : le météore. La plupart se consument entièrement entre 80 et 120 km d'altitude. Lorsque les débris proviennent tous de la même source, leurs trajectoires parallèles semblent, par un effet de perspective, diverger d'un point unique du ciel : le radiant. La pluie tire son nom de la constellation dans laquelle se situe ce radiant (ex: Perséides pour la constellation de Persée).
Histoire
L'observation des pluies de météores remonte à l'Antiquité. La plus ancienne mention connue est celle des Lyrides, observées en Chine en 687 av. J.-C. La compréhension scientifique du phénomène est cependant récente. La connexion entre les pluies de météores et les comètes fut établie au 19ème siècle. L'événement clé fut la spectaculaire pluie des Léonides de novembre 1833, qui impressionna l'Amérique du Nord avec des milliers de météores par heure. Les astronomes Denison Olmsted et Hubert A. Newton en déduisirent son origine cosmique et sa périodicité. Peu après, en 1866, Giovanni Schiaparelli prouva le lien entre les Perséides et la comète Swift-Tuttle, et entre les Léonides et la comète Tempel-Tuttle, confirmant que les essaims météoritiques sont les résidus de comètes.
Caracteristiques
Les principales caractéristiques d'une pluie de météores sont : 1) Le radiant : point d'origine apparent dans le ciel. 2) Le ZHR (Taux Horaire Zénithal) : nombre théorique de météores qu'un observateur idéal verrait par heure dans des conditions parfaites (ciel noir, radiant au zénith). 3) La période d'activité : la pluie est active sur plusieurs jours ou semaines. 4) Le pic : moment où l'activité est maximale. 5) La vitesse des météores : variable selon l'essaim (les Léonides sont très rapides à 71 km/s, les Taurides plus lentes à 28 km/s). 6) La composition : influence la couleur et la brillance (les Perséides, riches en silicium, sont souvent vertes ou bleues). Les pluies majeures annuelles incluent les Quadrantides (janvier), les Lyrides (avril), les Êta Aquarides (mai), les Perséides (août), les Orionides (octobre), les Léonides (novembre) et les Géminides (décembre), ces dernières étant souvent la plus intense et riche en météores brillants.
Importance
L'importance des pluies de météores est multiple. Scientifiquement, elles permettent d'étudier la composition des comètes sans mission spatiale, d'analyser la matière primitive du système solaire, et de sonder les couches hautes de l'atmosphère (mésosphère). Elles jouent aussi un rôle dans l'apport de matériaux extraterrestres sur Terre. Culturellement, elles inspirent l'émerveillement et sont un vecteur majeur de vulgarisation astronomique, rassemblant chaque année des millions de personnes pour des nuits d'observation. Historiquement, certaines pluies exceptionnelles ont marqué les civilisations, étant parfois interprétées comme des présages. Enfin, elles présentent un risque infinitésimal mais réel pour les satellites et les vaisseaux spatiaux, ce qui nécessite une surveillance.
