Forêt de Sherwood

La forêt de Sherwood est une ancienne forêt royale du Nottinghamshire, en Angleterre, mondialement célèbre pour être le repaire légendaire de Robin des Bois et de ses Compagnons. Elle représente un symbole puissant de rébellion contre l'injustice et de la vie sylvestre médiévale. Aujourd'hui fragmentée, elle reste un site historique et naturel majeur.

Introduction

La forêt de Sherwood est bien plus qu'un simple espace boisé ; c'est un lieu profondément ancré dans l'imaginaire collectif mondial. Située dans le comté de Nottinghamshire, au cœur de l'Angleterre, sa renommée est inextricablement liée aux ballades médiévales mettant en scène le hors-la-loi justicier Robin des Bois. Cette association a transformé un paysage forestier réel en un mythe universel de résistance à l'oppression et de quête d'équité.

Description

Historiquement, Sherwood faisait partie d'un vaste paysage forestier s'étendant sur une grande partie du centre de l'Angleterre, une « forêt » au sens médiéval du terme, c'est-à-dire un territoire de chasse royale soumis à des lois forestières strictes. Elle était principalement composée de chênes sessiles et pédonculés majestueux, de bouleaux, de hêtres et de bruyères, offrant un couvert dense idéal pour se cacher. Le cœur actuel de la forêt, le « Sherwood Forest Country Park », couvre environ 450 hectares et abrite des arbres millénaires, dont le célèbre « Major Oak », un chêne vieux estimé entre 800 et 1100 ans. Son tronc massif, d'une circonférence de plus de 10 mètres, est soutenu par des étais, et la légende prétend qu'il servait de cachette à Robin et à sa bande.

Histoire

La forêt est attestée dans le Domesday Book de 1086 sous le nom de « Sciryuda » (la forêt du shire). En tant que forêt royale établie par les rois normands, elle était gouvernée par des lois draconiennes protégeant le gibier (particulièrement le cerf et le sanglier) au détriment des populations locales, ce qui créa un terreau fertile pour les conflits et le braconnage. C'est dans ce contexte socio-économique du XIIe au XIVe siècle que naquirent les premières ballades de Robin Hood, un yeoman (homme libre) qui défiait l'autorité du shérif de Nottingham et de l'abbé de l'abbaye voisine de St. Mary. La forêt, avec ses clairières, ses routes isolées et ses repaires secrets, devint le théâtre parfait de ses exploits. Au fil des siècles, la forêt fut largement défrichée pour l'agriculture, l'élevage et l'industrie (notamment la fabrication de charbon de bois), réduisant sa superficie à une fraction de son étendue originelle.

Caracteristiques

Les caractéristiques principales de Sherwood sont à la fois écologiques et mythologiques. Écologiquement, c'est un site d'intérêt scientifique spécial (SSSI) pour ses vieux chênaies, ses coléoptères rares (comme le coléoptère soldat) et sa faune. Le paysage est ponctué d'anciennes « haies », vestiges des limites médiévales. Mythologiquement, ses éléments structurants sont les lieux légendaires : la clairière de Robin Hood, le village d'Edwinstowe (où Robin aurait épousé Marianne), l'auberge du « Trip to Jerusalem » creusée dans la roche à Nottingham, et bien sûr le Major Oak. La forêt est également le cadre de traditions vivantes, comme le Robin Hood Festival annuel qui recrée l'atmosphère d'un marché médiéval.

Importance

L'importance de la forêt de Sherwood est immense. Culturellement, elle est le berceau de l'un des mythes les plus durables et adaptés de la culture occidentale, symbolisant la lutte pour la justice sociale et la liberté. Ce récit a inspiré d'innombrables œuvres littéraires, cinématographiques et musicales. Historiquement, elle offre une fenêtre sur le système des forêts royales et la vie rurale médiévale en Angleterre. Écologiquement, ses vieux arbres constituent une réserve génétique inestimable et un écosystème rare. Économiquement et touristiquement, elle attire des centaines de milliers de visiteurs chaque année, contribuant significativement à l'identité et à l'économie du Nottinghamshire. Elle représente ainsi une confluence unique entre l'histoire, la nature et la légende.

Anecdotes

Le Major Oak et ses supports

Le célèbre Major Oak, dont les branches s'étendent sur plus de 28 mètres, est si lourd que depuis l'époque victorienne, un système élaboré de supports et de câbles a été installé pour empêcher ses branches monumentales de se briser sous leur propre poids. Au début du XXe siècle, on a même rempli son tronc creux de ciment pour le consolider, une pratique aujourd'hui controversée.

Les lois forestières

Sous le règne des rois normands et Plantagenêt, les lois forestières étaient si sévères que le fait de tuer un cerf royal pouvait être puni de mort ou d'aveuglement. Même le fait de posséder un arc et des flèches dans la forêt sans autorisation était illégal, un détail qui rend le choix de l'arme de Robin des Bois particulièrement symbolique de défi.

Un nom évocateur

L'étymologie du nom « Sherwood » est discutée. La plus commune le fait dériver du vieil anglais « scir » (shire, comté) et « wudu » (bois), signifiant donc « le bois du comté ». Une autre théorie suggère un lien avec « schyre », évoquant un bois « clair » ou « brillant », peut-être en référence à des clairières.

Robin, un contemporain de Richard ?

Bien que les adaptations modernes situent souvent Robin des Bois à l'époque du roi Richard Cœur de Lion (fin du XIIe siècle), les premières ballades médiévales ne mentionnent aucun roi spécifique. C'est l'écrivain écossais Walter Scott qui, dans son roman « Ivanhoé » (1819), a solidement ancré cette association désormais indissociable dans l'esprit du public.

Sources

  • Rotherham, I.D. (2013). 'The Historical Ecology of Medieval Sherwood Forest'. In: Kirby, K.J., Watkins, C. (eds) Europe's Changing Woods and Forests.
  • Sherwood Forest National Nature Reserve, Forestry England - Documentation officielle.
  • Holt, J.C. (1989). 'Robin Hood'. Thames and Hudson.
  • Nottinghamshire County Council, archives et guides historiques sur Sherwood Forest.
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