Introduction
La Forêt atlantique, ou Mata Atlântica en portugais, est un biome néotropical qui couvrait à l'origine près de 1,5 million de km² le long du littoral brésilien, s'étendant également dans l'est du Paraguay et le nord-est de l'Argentine. Classée parmi les cinq principaux 'hotspots' de biodiversité mondiale, elle est reconnue pour son incroyable richesse biologique et son degré d'endémisme, rivalisant avec l'Amazonie. Son histoire est intimement liée à celle de la colonisation du Brésil, ce qui en fait aussi un écosystème profondément marqué par l'activité humaine.
Description
La Mata Atlântica n'est pas une forêt uniforme, mais un complexe mosaïque d'écosystèmes. Elle comprend des forêts ombrophiles denses de plaine et de montagne (comme la Serra do Mar), des forêts semi-décidues à l'intérieur des terres, des mangroves côtières, des 'restingas' (forêts sur sable) et des prairies d'altitude (campos rupestres). Cette diversité d'habitats est due à un relief accidenté, avec des chaînes de montagnes côtières créant des gradients d'altitude et de précipitations. Le climat est globalement tropical humide, avec des pluies abondantes apportées par les alizés de l'océan Atlantique. La forêt se caractérise par une canopée haute et dense, une strate arbustive complexe et une profusion d'épiphytes (broméliacées, orchidées) et de lianes.
Histoire
La Forêt atlantique a commencé à se former il y a des dizaines de millions d'années, se séparant de la forêt amazonienne avec l'assèchement de l'intérieur du continent. Son histoire moderne est celle d'une déforestation massive initiée avec l'arrivée des Portugais en 1500. Le bois de pernambouc (pau-brasil), utilisé pour teindre les textiles, fut la première ressource exploitée, donnant son nom au pays. Par la suite, la forêt a été défrichée pour la canne à sucre, le café, l'élevage et l'urbanisation. Rio de Janeiro, São Paulo et Salvador, parmi les plus grandes villes du Brésil, se sont développées en son sein. En cinq siècles, plus de 88% de sa superficie originelle a été détruite, laissant un archipel de fragments forestiers isolés.
Caracteristiques
La caractéristique la plus frappante de la Mata Atlântica est son extraordinaire biodiversité et son endémisme. Elle abriterait environ 20 000 espèces de plantes (dont 8 000 endémiques), 261 espèces de mammifères, 1 020 d'oiseaux, 197 de reptiles et 340 d'amphibiens. Des espèces emblématiques et menacées y vivent, comme le tamarin-lion doré (ou tamarin à tête dorée), le jaguar, le tapir, le paresseux à gorge brune et de nombreux primates comme le muriqui (ou singe-araignée laineux), le plus grand primate des Amériques. La forêt est aussi un centre d'évolution pour les broméliacées et les orchidées. Son sol, souvent pauvre et acide, a favorisé une adaptation unique de la flore, avec de nombreuses espèces dépendantes des relations mycorhiziennes.
Importance
L'importance de la Forêt atlantique est écologique, hydrologique, économique et culturelle. Écologiquement, c'est un réservoir génétique inestimable et un laboratoire d'évolution. Hydrologiquement, elle assure la régulation du cycle de l'eau pour des dizaines de millions de personnes, protégeant les bassins versants des principales métropoles brésiliennes. Ses fleuves fournissent l'eau potable et l'énergie hydroélectrique. Économiquement, elle est cruciale pour l'agriculture (via la pollinisation), le tourisme et fournit des ressources médicinales. Culturellement, elle est le berceau de nombreuses communautés autochtones et traditionnelles (comme les 'caiçaras' et les 'quilombolas'). Sa conservation est vitale pour la lutte contre le changement climatique, grâce au stockage du carbone. Sa protection est un enjeu national et mondial, avec des lois spécifiques (comme la Loi de la Mata Atlântica de 2006) et de nombreuses aires protégées, mais la pression urbaine et agricole reste intense.
