Introduction
Les zones humides, souvent appelées les « reins de la planète » pour leur fonction de filtration, sont des interfaces dynamiques où l'eau est le principal facteur contrôlant l'environnement et la vie des plantes et des animaux. Elles couvrent une grande variété de milieux, des marais d'eau douce aux mangroves côtières, en passant par les tourbières et les plaines d'inondation. La Convention de Ramsar, traité international pour leur conservation, les définit comme « des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d'eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l'eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d'eau marine dont la profondeur à marée basse n'excède pas six mètres ».
Description
Les zones humides se caractérisent par une hydrologie spécifique : la nappe phréatique affleure à la surface du sol ou le recouvre pendant une partie significative de l'année. Cette présence d'eau, même temporaire, crée des conditions d'anaérobiose (manque d'oxygène) qui influencent la chimie du sol et la composition des communautés biologiques. On distingue plusieurs grands types : les zones humides intérieures (marais, tourbières, plaines alluviales, lacs peu profonds), les zones humides côtières (marais salants, mangroves, lagunes, estuaires) et les zones humides artificielles (rizières, bassins de traitement des eaux). Chaque type abrite une flore et une faune adaptées, comme les roseaux (phragmites), les carex, les nénuphars, les poissons amphibies, les amphibiens, les oiseaux d'eau (canards, hérons, sternes) et une multitude d'invertébrés.
Histoire
Longtemps perçues comme des terres insalubres, hostiles et improductives, les zones humides ont fait l'objet de vastes campagnes d'assèchement et de drainage à travers le monde, notamment depuis le 18ème siècle, pour l'agriculture, l'urbanisation ou l'éradication des maladies. En France, près des deux tiers des zones humides métropolitaines ont disparu depuis le début du 20ème siècle. La prise de conscience de leur valeur écologique est récente. La signature de la Convention de Ramsar en Iran en 1971 marque un tournant, établissant un cadre pour la conservation et l'utilisation rationnelle de ces milieux. Aujourd'hui, la protection et la restauration des zones humides sont devenues des enjeux majeurs de politique environnementale.
Caracteristiques
Les principales caractéristiques des zones humides sont : 1) **L'Hydrologie** : présence d'eau en surface ou à faible profondeur, avec des régimes hydrologiques variables (inondations saisonnières, marées). 2) **Les Sols hydromorphes** : sols saturés en eau, pauvres en oxygène (sol anaérobie), souvent riches en matière organique peu décomposée (tourbe). 3) **La Végétation hygrophile** : dominance de plantes adaptées aux conditions humides (hydrophytes et hélophytes). 4) **Une Productivité biologique exceptionnelle** : elles sont parmi les écosystèmes les plus productifs au monde, supportant de fortes densités d'organismes. 5) **Une Grande biodiversité** : elles servent d'habitat, de zone de reproduction et de halte migratoire pour de très nombreuses espèces.
Importance
L'importance des zones humides est multifonctionnelle et critique : **Écologique** : ce sont des hotspots de biodiversité, des nurseries pour les poissons et les crustacés. **Hydrologique** : elles agissent comme des éponges naturelles, absorbant l'excès d'eau lors des crues (atténuation des inondations) et la restituant pendant les sécheresses, rechargeant les nappes phréatiques. **Épuration** : les végétaux et les micro-organismes fixent et dégradent les polluants (nitrates, phosphores, métaux lourds), améliorant la qualité de l'eau. **Climatique** : les tourbières, en particulier, sont d'immenses puits de carbone, stockant deux fois plus de carbone que toutes les forêts du monde réunies. Leur drainage libère massivement du CO2. **Socio-économique** : elles fournissent des ressources (poisson, roseaux, tourbe), soutiennent l'agriculture et la pêche, et offrent des services récréatifs et culturels (tourisme, éducation). Leur destruction entraîne une perte de ces services, une augmentation des risques naturels et un appauvrissement biologique.
