Introduction
La toundra est l'un des biomes les plus vastes et les plus extrêmes de la planète, formant une ceinture circumpolaire autour de l'Arctique, principalement dans l'hémisphère nord (Alaska, Canada, Groenland, Scandinavie, Sibérie). Une variante alpine existe aussi en haute altitude sur les grandes chaînes de montagnes. C'est un écosystème défini par des températures glaciales, une courte saison de croissance et la présence omniprésente du pergélisol, un sol qui reste gelé pendant au moins deux années consécutives. Malgré son apparente austérité, la toundra abrite une biodiversité unique et adaptée, et joue un rôle crucial dans la régulation du climat mondial.
Description
La toundra se subdivise en deux types principaux : la toundra arctique et la toundra alpine. L'arctique s'étend sur environ 20% de la surface terrestre, entre la calotte glaciaire polaire et les forêts boréales (taïga). La toundra alpine, aux caractéristiques similaires, se développe au-dessus de la limite des arbres en montagne, quel que soit la latitude. Le paysage est principalement une vaste plaine ou un plateau venteux, parsemé de lacs, de tourbières et de buttes gélives (pingos). La végétation ne dépasse guère quelques centimètres de hauteur pour se protéger du vent et conserver la chaleur. Elle est composée d'un tapis de mousses (comme la sphaigne), de lichens (notamment le 'lichen des rennes' ou Cladonia), de carex, de graminées, et de quelques plantes à fleurs résistantes comme les saxifrages ou les pavots arctiques. Les ligneux sont représentés par des arbustes nains et rampants comme les saules arctiques, les bouleaux nains et les myrtilles.
Histoire
La toundra est un biome ancien qui a connu d'importantes fluctuations lors des cycles glaciaires du Pléistocène. Pendant les périodes glaciaires, elle s'étendait bien plus au sud, tandis qu'elle reculait pendant les interglaciaires. Elle a été façonnée par les processus périglaciaires (gel-dégel) et colonisée par des espèces pionnières après le retrait des glaciers. Les humains, notamment les peuples autochtones comme les Inuits, les Samis ou les Nénètses, se sont adaptés à cet environnement depuis des millénaires, développant des cultures nomades basées sur la chasse (caribou/renne, phoque) et la pêche. L'exploration et l'étude scientifique systématique de la toundra ont commencé avec les expéditions polaires des XVIIIe et XIXe siècles.
Caracteristiques
1. **Climat** : Hivers longs et très froids (pouvant descendre à -50°C), étés courts et frais (rarement au-dessus de 10°C). Précipitations faibles (150-250 mm/an), souvent sous forme de neige, ce qui en fait un 'désert froid'. Vents violents et constants. 2. **Pergélisol** : Couche de sol, de roche ou de sédiment gelé en permanence, pouvant atteindre plusieurs centaines de mètres d'épaisseur. Seule la couche active (active layer) en surface dégèle en été, créant un sol gorgé d'eau et marécageux car l'eau ne peut s'infiltrer. 3. **Biodiversité adaptée** : Faune résiliente : grands mammifères (bœuf musqué, caribou, renne, ours polaire sur les côtes), petits mammifères (lemmings, lièvres arctiques), oiseaux migrateurs nombreux en été (oies, sternes arctiques), insectes prolifiques (moustiques). Adaptations : plumage/fourrure épais, hibernation, migration, couleur blanche en hiver (camouflage). 4. **Productivité biologique faible mais cruciale** : La courte saison de croissance (50-60 jours) limite la production de biomasse, mais les écosystèmes sont très sensibles et les chaînes alimentaires souvent simples.
Importance
La toundra est un écosystème d'importance mondiale. **Régulateur climatique** : Son albédo élevé (pouvoir réfléchissant de la neige et de la glace) renvoie l'énergie solaire dans l'espace, contribuant à refroidir la planète. **Réservoir de carbone** : Le pergélisol stocke d'immenses quantités de carbone organique (près du double du CO2 présent dans l'atmosphère). Son dégel risque de libérer ce carbone sous forme de CO2 et de méthane, amplifiant le réchauffement climatique (rétroaction positive). **Indicateur des changements globaux** : La toundra est l'un des écosystèmes les plus sensibles au réchauffement, avec des modifications visibles comme l'embroussaillement ('shrubification') et la migration vers le nord de la limite des arbres. Elle est aussi cruciale pour **les peuples autochtones** et leur culture, et abrite des **ressources** (minerais, hydrocarbures) dont l'exploitation pose des défis environnementaux majeurs.
