Introduction
Une rivière est un cours d'eau permanent qui s'écoule dans un chenal défini, sous l'effet de la gravité, depuis sa source (souvent une zone montagneuse ou une source) jusqu'à son point de confluence avec un autre cours d'eau (fleuve, lac ou mer). Plus qu'un simple filet d'eau, elle constitue un écosystème complexe et ouvert, en perpétuel renouvellement, où les conditions physico-chimiques (débit, température, oxygénation, turbidité) varient spatialement et temporellement. Cet habitat lotique (en mouvement) contraste avec les écosystèmes lentiques (eaux calmes comme les lacs).
Description
L'écosystème fluvial est structuré en trois zones longitudinales principales, définies par la pente, la vitesse du courant et la température. La zone à truites ou rhithron, en amont, est fraîche, oxygénée, à courant rapide et fond caillouteux. La zone à brèmes ou potamon, en aval, est plus chaude, à courant lent, avec un fond souvent vaseux et une plus grande productivité végétale. Entre les deux, une zone de transition existe. Transversalement, une rivière se compose du chenal principal, de berges (ripisylve), de zones inondables et de la nappe phréatique connectée. Cette structure tridimensionnelle crée une mosaïque d'habitats. La chaîne trophique repose sur les apports de matière organique externe (feuilles, insectes terrestres) et sur la production primaire interne (algues, plantes aquatiques). Les organismes sont spécialisés : fixés (algues, mousses), fouisseurs (larves d'insectes), nageurs contre le courant (truites) ou portés par lui (plancton en faible quantité).
Histoire
Les rivières sont des acteurs géologiques majeurs. Sur des échelles de temps millénaires, elles érodent, transportent et déposent des sédiments, sculptant des vallées, des gorges, des plaines alluviales et des deltas. Elles ont été les berceaux des grandes civilisations (Nil, Tigre et Euphrate, Indus, Fleuve Jaune), fournissant eau, nourriture, voie de transport et terre fertile. L'histoire humaine est marquée par leur aménagement (moulins, barrages, canaux) et leur pollution croissante depuis la révolution industrielle. La science des rivières, la potamologie, s'est développée au XXe siècle, avec des concepts clés comme la continuité écologique (théorie du continuum fluvial de Vannote et al., 1980) qui décrit le changement graduel des communautés vivantes de la source à l'embouchure.
Caracteristiques
Les caractéristiques physiques fondamentales sont le débit (volume d'eau par seconde), variable saisonnièrement, et la pente, qui détermine la vitesse du courant. La qualité de l'eau est définie par des paramètres comme la température, le pH, la concentration en oxygène dissous, en nutriments (nitrates, phosphates) et en matières en suspension. La morphologie du lit (méandres, radiers, mouilles) et la composition du substrat (rochers, galets, sable, vase) sont cruciales pour la faune. La ripisylve, forêt riveraine, est une composante essentielle : elle stabilise les berges, filtre les polluants, apporte de l'ombre et de la matière organique. La biodiversité est typique : invertébrés (éphémères, plécoptères, trichoptères indicateurs d'eau pure), poissons (truite, vairon, chevesne, brochet selon la zone), amphibiens, oiseaux (martin-pêcheur, cincle plongeur), mammifères (castor, loutre, ragondin).
Importance
L'importance des rivières est vitale et multifonctionnelle. Écologiquement, ce sont des corridors biologiques permettant la migration des espèces et la dispersion des gènes. Elles participent activement aux cycles biogéochimiques (carbone, azote) et au cycle de l'eau. Pour les sociétés humaines, elles sont une source indispensable d'eau potable, d'irrigation pour l'agriculture, et d'énergie hydroélectrique. Elles servent au transport, aux loisirs (pêche, sports nautiques) et ont une valeur culturelle et paysagère profonde. Cependant, elles subissent de fortes pressions : fragmentation par les barrages, rectification des cours d'eau, pollution diffuse (agricole) et ponctuelle (industrielle), prélèvements excessifs, introduction d'espèces invasives et réchauffement climatique affectant les débits. Leur préservation et leur restauration (effacement d'obstacles, renaturation des berges) sont devenues des enjeux environnementaux majeurs pour maintenir leurs services écosystémiques et la biodiversité qu'elles abritent.
