Introduction
Les récifs coralliens représentent l'un des écosystèmes les plus anciens, les plus complexes et les plus productifs de la planète. Bien qu'ils couvrent moins de 0,1% de la superficie des océans, ils abritent environ 25% de toutes les espèces marines connues. Ces structures vivantes, principalement situées dans les eaux tropicales claires et peu profondes, sont le fruit d'une symbiose millénaire entre des animaux (les polypes coralliens) et des microalgues photosynthétiques (les zooxanthelles).
Description
Un récif corallien est une structure calcaire massive édifiée par des cnidaires de la classe des Anthozoaires, principalement les coraux durs (Scléractiniaires). Les polypes coralliens, de minuscules animaux apparentés aux méduses et aux anémones de mer, sécrètent un exosquelette de carbonate de calcium (calcaire) qui constitue l'architecture du récif. La relation symbiotique avec les zooxanthelles, logées dans les tissus des polypes, est fondamentale : les algues fournissent jusqu'à 90% de l'énergie du corail via la photosynthèse, tandis que le corail offre protection et nutriments. Cette symbiose exige des eaux claires, chaudes (généralement entre 23°C et 29°C), peu profondes et bien éclairées. On distingue trois types principaux de récifs : les récifs frangeants (proches des côtes), les récifs barrières (séparés de la côte par un lagon) et les atolls (anneaux coralliens entourant un lagon central, souvent formés sur des volcans affaissés).
Histoire
Les récifs coralliens existent depuis des centaines de millions d'années. Les premiers récifs modernes, construits par des coraux scléractiniaires, sont apparus il y a environ 240 millions d'années, au Trias. La Grande Barrière de Corail, au large de l'Australie, est la plus grande structure vivante sur Terre, visible depuis l'espace. Sa formation a débuté il y a environ 600 000 ans, avec la structure actuelle vieille d'environ 20 000 ans, postérieure à la dernière période glaciaire. Les récifs ont connu des périodes de croissance et de déclin en fonction des changements climatiques et du niveau des mers. L'étude des carottes de coraux fossiles sert d'ailleurs d'archive paléoclimatique précieuse, enregistrant les températures océaniques et la composition chimique de l'eau sur des millénaires.
Caracteristiques
La biodiversité des récifs est extraordinaire. Ils offrent abri, nourriture et sites de reproduction à une myriade d'organismes : poissons (perroquets, demoiselles, mérous), invertébrés (étoiles de mer, oursins, crustacés), mollusques, éponges et tortues marines. La structure tridimensionnelle complexe crée une multitude de niches écologiques. Les récifs sont également caractérisés par leur productivité biologique élevée dans un environnement océanique généralement pauvre en nutriments (oligotrophe). Cette productivité est cyclique et dépend des transferts d'énergie au sein de la communauté. Les coraux se reproduisent principalement par un événement spectaculaire de fraîe synchronisée, où des milliards de gamètes sont relâchés dans l'eau en même temps, généralement après une pleine lune.
Importance
L'importance écologique et socio-économique des récifs coralliens est immense. Écologiquement, ils protègent les côtes de l'érosion et de la force des vagues, réduisant l'énergie des tempêtes et des tsunamis. Ils sont des pépinières cruciales pour de nombreuses espèces de poissons, y compris commerciales. Sur le plan humain, ils assurent la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de centaines de millions de personnes via la pêche et le tourisme (plongée, snorkeling). L'industrie pharmaceutique y trouve aussi des composés prometteurs pour de nouveaux médicaments. Cependant, ils sont extrêmement vulnérables. Le blanchissement des coraux, dû au stress thermique (réchauffement des océans) qui rompt la symbiose avec les zooxanthelles, est une menace majeure. L'acidification des océans (due à l'absorption du CO2) entrave la capacité des coraux à construire leur squelette calcaire. La pollution, la surpêche, les pratiques de pêche destructrices et le développement côtier aggravent ces pressions. La perte des récifs aurait des conséquences désastreuses sur la biodiversité marine, la protection côtière et les économies locales.
