Introduction
Les prairies tempérées, également appelées steppes, pampas, velds ou grandes plaines selon les régions du monde, constituent l'un des grands biomes terrestres. Elles se développent dans les zones intérieures des continents, là où les précipitations (entre 250 et 750 mm par an) sont insuffisantes pour permettre la croissance d'une forêt, mais suffisantes pour empêcher la formation d'un désert. Ce biome est dominé par les graminées et autres plantes herbacées, avec une absence quasi totale d'arbres, sauf le long des cours d'eau (forêts galeries).
Description
La prairie tempérée est structurée en strates : une strate herbacée dense, une strate racinaire profonde et une strate de litière. Les graminées (comme le brome, la fétuque, le stipa) sont les plantes dominantes, adaptées à la sécheresse estivale, au feu et au broutage grâce à leurs méristèmes (zones de croissance) situés à la base de la plante. Leurs systèmes racinaires sont extrêmement développés, formant un réseau dense (le 'sod' ou gazon) qui peut s'enfoncer à plusieurs mètres de profondeur, créant des sols riches en matière organique, les célèbres 'tchernozioms' ou 'mollisols', parmi les plus fertiles au monde. La faune est typique des milieux ouverts : grands herbivores en troupeaux (bisons d'Amérique du Nord, antilopes saïga en Asie, guanacos en Amérique du Sud), prédateurs associés (coyotes, loups, renards), une grande diversité d'oiseaux nicheurs au sol (alouettes, pipits) et de rongeurs fouisseurs (chiens de prairie, spermophiles) qui jouent un rôle écologique crucial en aérant le sol.
Histoire
Les prairies tempérées se sont formées il y a plusieurs millions d'années, à la fin du Miocène, avec le refroidissement et l'assèchement du climat global, favorisant les graminées au détriment des forêts. Elles ont été modelées par une triple interaction : le climat, le feu (naturel ou allumé par les peuples autochtones) et le broutage par les grands mammifères. Ces facteurs empêchaient l'installation des arbres et maintenaient l'écosystème en état de prairie. À partir du XIXe siècle, la conversion massive à l'agriculture (céréaliculture et élevage intensif) a radicalement transformé ces paysages, réduisant les prairies naturelles à de minuscules fragments. Plus de 90% des prairies tempérées originelles d'Amérique du Nord (Grandes Plaines) et d'Europe ont été labourées.
Caracteristiques
Climat : Continental, avec des étés chauds (souvent supérieurs à 30°C) et des hivers froids (pouvant descendre en dessous de -20°C). Précipitations modérées, souvent concentrées au printemps et en début d'été, avec une période de sécheresse estivale. Sols : Exceptionnellement profonds, riches en humus (horizon A épais) et en nutriments (azote, phosphore, potassium), de couleur très sombre. Ce sont les greniers du monde. Biodiversité : Apparemment simple, elle est en réalité spécialisée et adaptée. La biomasse souterraine (racines) dépasse souvent la biomasse aérienne. Adaptation au feu : Le feu, fréquent, élimine la litière et les jeunes pousses d'arbres, recycle les nutriments et stimule la repousse des graminées. Adaptation au broutage : Les plantes supportent et même bénéficient d'un broutage modéré, qui élimine les parties vieillissantes.
Importance
L'importance des prairies tempérées est immense. Écologiquement, elles sont des puits de carbone significatifs, stockant une grande partie de leur carbone dans le sol. Elles régulent le cycle de l'eau grâce à l'infiltration permise par leur sol poreux et préviennent l'érosion. Économiquement et socialement, leurs sols fertiles sont le fondement de l'agriculture céréalière mondiale (blé, maïs, orge, soja) et de l'élevage bovin et ovin. Culturellement, elles sont associées à des modes de vie pastoraux et agricoles emblématiques (cowboys, gauchos). La conservation des fragments restants est cruciale pour préserver une biodiversité unique et des services écosystémiques vitaux, comme la pollinisation et la lutte biologique.
