Introduction
Le maquis méditerranéen, ou simplement 'maquis', est un écosystème emblématique des régions au climat méditerranéen, principalement autour de la Méditerranée mais aussi dans des zones similaires comme la Californie, le Chili, l'Afrique du Sud et l'Australie. Il représente un stade intermédiaire de la végétation, souvent issu de la dégradation de la forêt primitive de chênes-lièges ou de chênes verts par l'action humaine (défrichement, surpâturage, incendies). Sa physionomie impénétrable, son parfum puissant et sa résilience en font un paysage culturel et naturel majeur.
Description
Le maquis se caractérise par une végétation dense, basse à moyenne (de 1 à 4 mètres de haut), composée principalement d'arbustes sclérophylles (à feuilles persistantes, coriaces et souvent réduites pour limiter l'évapotranspiration). Il est moins haut et plus dense que la garrigue, avec laquelle il est souvent confondu, mais se distingue par sa préférence pour les sols siliceux (granit, schiste) plutôt que calcaires. La composition floristique est très riche. On y trouve typiquement l'arbousier (Arbutus unedo), le lentisque (Pistacia lentiscus), le ciste de Montpellier (Cistus monspeliensis), le ciste à feuilles de sauge (Cistus salviifolius), la bruyère arborescente (Erica arborea), le calicotome épineux (Calicotome spinosa), le myrte (Myrtus communis) et la filaire à feuilles étroites (Phillyrea angustifolia). En Corse et en Sardaigne, il atteint son expression la plus luxuriante, avec des formations quasi-forestières dominées par le maquis haut à bruyères et arbousiers.
Histoire
Le maquis est largement un paysage anthropisé. Il s'est développé et étendu avec l'action millénaire des civilisations méditerranéennes. La déforestation pour l'agriculture, la construction navale, le charbonnage et le pâturage intensif (notamment par les chèvres) ont fragmenté les forêts primitives. Sur les sols appauvris et érodés qui en résultaient, les espèces pionnières et pyrophytes (adaptées au feu) du maquis se sont installées. Son nom même, d'origine corse ('macchia' en italien), évoque son aspect 'tacheté' sur les collines et son rôle historique de refuge pour les hors-la-loi ('prendre le maquis'). Sa gestion et sa conservation sont devenues des enjeux écologiques majeurs au XXe et XXIe siècles, face à l'urbanisation du littoral et à la recrudescence des incendies.
Caracteristiques
Les principales caractéristiques du maquis sont : 1) Adaptation à la sécheresse estivale (xérophytie) : feuilles coriaces, systèmes racinaires profonds, réduction de la surface foliaire. 2) Pyrophytie : de nombreuses espèces sont adaptées au feu, soit par une régénération rapide après incendie (rejets de souche), soit par des graines dont la germination est stimulée par la chaleur (cistes). Le feu fait partie intégrante de la dynamique de cet écosystème. 3) Sols : Principalement acides, pauvres en nutriments, souvent squelettiques et sujets à l'érosion. 4) Biodiversité : Il abrite une faune spécifique comme le sanglier, le renard, la belette, de nombreux reptiles (lézards, couleuvres), des oiseaux sédentaires (fauvette pitchou, fauvette à tête noire, merle) et une extraordinaire diversité d'insectes, notamment des pollinisateurs attirés par la floraison abondante au printemps.
Importance
L'importance du maquis est multiple. Écologiquement, c'est un écosystème clé qui prévient l'érosion des sols, régule le cycle de l'eau et constitue un réservoir de biodiversité. Il joue un rôle crucial dans la séquestration du carbone. Culturellement, il définit l'identité paysagère et olfactive de vastes territoires (parfums des cistes, des labiées...). Économiquement, il est à la base de productions traditionnelles comme le miel de maquis (très réputé en Corse), l'huile essentielle de myrte ou de lentisque, et le liège dans les zones où le chêne-liège est présent. Sa valeur récréative et touristique est également considérable. Cependant, il est menacé par les incendies répétés (qui peuvent le dégrader en formations basses et moins diversifiées), l'urbanisation côtière et l'abandon des pratiques agro-pastorales traditionnelles qui entretenaient des mosaïques paysagères.
