Introduction
Les termites, regroupés dans l'infra-ordre des Isoptères (aujourd'hui intégré à l'ordre des Blattodea), sont des insectes sociaux apparus il y a plus de 150 millions d'années. Souvent confondus avec les fourmis, ils en diffèrent fondamentalement par leur morphologie (corps sans "taille" pincée, antennes droites) et leur régime alimentaire à base de cellulose. Leur organisation sociale complexe et leur capacité à digérer la cellulose en font des acteurs écologiques majeurs et des interactions constantes avec les activités humaines.
Description
Le corps d'un termite est mou, de couleur blanchâtre à brune, et se compose d'une tête, d'un thorax et d'un abdomen. Contrairement aux fourmis, il n'y a pas de rétrécissement marqué entre le thorax et l'abdomen. Les différentes castes présentent des morphologies spécialisées : les ouvriers et les soldats sont généralement aveugles et aptères, les soldats possèdent une tête hypertrophiée et des mandibules puissantes ou un "rostre" pour projeter des substances défensives. Les reproducteurs primaires (roi et reine) sont pigmentés et, lors de l'essaimage, développent deux paires d'ailes membraneuses de taille égale qu'ils perdront après le vol nuptial. La reine fécondée subit une physogastrie, son abdomen se distendant démesurément pour produire des milliers d'œufs par jour.
Habitat
Les termites construisent des nids (termitières) aux architectures variées. On distingue les termites souterrains (qui nichent dans le sol et construisent des galeries pour atteindre le bois), les termites de bois sec (qui vivent directement dans le bois qu'ils consomment, sans contact avec le sol) et les termites champignonnistes (notamment en Afrique et Amérique du Sud) qui érigent d'immenses structures en terre pouvant dépasser 8 mètres de haut, régulées en température et humidité pour la culture de champignons symbiotiques.
Alimentation
Le régime est strictement cellulolytic. Les termites ne peuvent digérer la cellulose seuls ; ils dépendent d'une symbiose avec des protozoaires flagellés (dans leur intestin postérieur) ou, pour la famille la plus évoluée (Termitidae), avec des bactéries. Les ouvriers ingèrent le bois, le digèrent partiellement et le régurgitent ou le défèquent pour nourrir les autres membres de la colonie (trophallaxie). Les termites champignonnistes cultivent des jardins fongiques sur des boulettes d'excréments ; ils consomment ensuite les fructifications du champignon (mycotêtes) riches en nutriments.
Reproduction
La reproduction est assurée par un couple royal primaire (un roi et une reine) issu de l'essaimage. Lors de conditions favorables (chaleur, humidité), des individus sexués ailés quittent le nid en masse pour un vol nuptial. Après atterrissage, ils perdent leurs ailes, forment des couples et fondent une nouvelle colonie. La reine pond continuellement, sa fécondité augmentant avec l'âge. En cas de mort de la reine, des reproducteurs de remplacement (néoténiques) peuvent prendre le relais au sein de la colonie.
Comportement
Les termites vivent en sociétés eusociales parfaites avec division stricte du travail en castes stériles (ouvriers, soldats) et reproductrices. La communication chimique (phéromones) est primordiale pour la cohésion de la colonie, le marquage des pistes et l'alerte aux dangers. Les ouvriers construisent et entretiennent le nid, soignent les jeunes, nourrissent le roi, la reine et les soldats. Ces derniers défendent la colonie avec leurs mandibules ou des sécrétions collantes ou toxiques. Les colonies peuvent compter de quelques milliers à plusieurs millions d'individus.
Conservation
Les termites ne sont pas des espèces menacées ; leur succès écologique est immense. Ils jouent un rôle crucial dans les écosystèmes en recyclant la matière ligneuse morte, en aérant les sols par leurs galeries et en servant de source de nourriture à de nombreux animaux. Leur statut de "ravageur" est uniquement lié à leur interaction avec les structures humaines (habitations, meubles, œuvres d'art). La lutte contre les termites se fait par des barrières physico-chimiques, des appâts ou des méthodes de biocontrôle, visant à protéger les biens sans nécessairement éradiquer les colonies, essentielles à l'équilibre naturel.
