Introduction
L'ours brun (Ursus arctos) est l'un des plus grands carnivores terrestres et l'un des mammifères les plus charismatiques de l'hémisphère nord. Présent dans la mythologie et la culture de nombreux peuples, de l'Europe à l'Amérique du Nord en passant par l'Asie, il incarne à la fois la force sauvage et la sagesse. Son histoire évolutive est complexe, avec de nombreuses sous-espèces adaptées à des environnements variés, du grizzly nord-américain à l'ours brun eurasiatique.
Description
L'ours brun possède un corps massif et puissant, une large tête au profil concave, de petites oreilles rondes et une queue très courte. Sa fourrure épaisse varie du brun foncé au blond clair, voire au grisâtre, avec souvent des reflets argentés (poils « grisonnants ») qui donnent son nom au « grizzly » (Ursus arctos horribilis). Ses membres sont robustes, terminés par des pattes aux griffes non rétractiles, longues et puissantes, idéales pour creuser. Les mâles sont significativement plus grands et plus lourds que les femelles. La sous-espèce la plus imposante est l'ours kodiak (Ursus arctos middendorffi), qui peut atteindre 3 mètres de long et peser près de 700 kg.
Habitat
L'aire de répartition historique de l'ours brun couvrait la majeure partie de l'Eurasie et de l'Amérique du Nord. Aujourd'hui, elle est fragmentée. On le trouve dans des habitats divers mais nécessitant généralement une couverture forestière dense, des zones de buissons et un accès à l'eau. Il occupe les forêts boréales (taïga) de Scandinavie et de Russie, les forêts tempérées des Carpates et des Pyrénées, les montagnes rocheuses d'Amérique du Nord, la toundra côtière d'Alaska et les îles comme Hokkaido au Japon. Il a besoin de vastes territoires, pouvant couvrir plusieurs centaines de kilomètres carrés pour un mâle.
Alimentation
Bien que classé dans l'ordre des carnivores, l'ours brun est omnivore à forte tendance végétivore. Son régime est extrêmement varié et saisonnier. Au printemps, il se nourrit de graminées, de racines et de pousses, ainsi que de charognes. L'été et l'automne sont des périodes d'engraissage intense : il consomme alors des baies, des fruits (glands, châtaignes), des insectes (fourmis, abeilles), des petits mammifères et, dans certaines régions, du saumon en grande quantité lors des remontées. Cette capacité d'adaptation alimentaire est cruciale pour accumuler des réserves de graisse (jusqu'à 200 kg) en vue de l'hibernation.
Reproduction
La saison des amours a lieu entre mai et juillet. Les mâles parcourent de grandes distances pour trouver des femelles, et des combats entre mâles peuvent survenir. La femelle a une ovulation induite et l'implantation de l'œuf fécondé est différée, ce qui permet une naissance au moment optimal. Après une gestation d'environ 6 à 8 mois (incluant la diapause), la femelle met bas, pendant son sommeil hivernal, de 1 à 3 oursons (rarement 4) entre janvier et mars. Les petits, aveugles et minuscules (environ 500 g), tètent leur mère dans la tanière et en sortent au printemps. Ils restent avec elle pendant 1,5 à 3,5 ans, apprenant à survivre.
Comportement
L'ours brun est généralement solitaire et nocturne ou crépusculaire, sauf dans les zones peu fréquentées par l'homme. Il est territorial, marquant son domaine par des griffures sur les arbres. Son activité la plus remarquable est l'hibernation : à l'automne, il se retire dans une tanière (caverne, terrier creusé) où il entre en léthargie. Sa température corporelle baisse légèrement, et il vit sur ses réserves de graisse sans manger, ni boire, ni déféquer pendant plusieurs mois. C'est un animal intelligent, curieux et doté d'une mémoire exceptionnelle, notamment pour localiser les sources de nourriture. Il est généralement craintif envers l'homme mais peut devenir dangereux s'il est surpris, blessé ou pour protéger ses petits.
Conservation
Le statut global est « Préoccupation mineure », mais la situation varie énormément selon les populations. En Europe occidentale (Pyrénées, Alpes, Italie), il est en danger critique ou vulnérable, avec de petits noyaux relictuels. Les principales menaces sont la fragmentation et la destruction de son habitat (déforestation, routes), les conflits avec les éleveurs (prédation sur le bétail) et le braconnage. La chasse sportive est régulée dans certains pays. Les efforts de conservation incluent la protection légale, la création de corridors écologiques, l'utilisation de clôtures électriques et l'indemnisation des éleveurs pour favoriser la coexistence. La réintroduction, comme dans les Pyrénées, est un sujet complexe et controversé.
