Introduction
Les macaques forment un genre (Macaca) comprenant plus de 20 espèces, ce qui en fait l'un des groupes de primates les plus répandus et diversifiés après l'homme. Présents de l'Afghanistan au Japon et à l'Indonésie, avec une espèce (le Magot) en Afrique du Nord et à Gibraltar, ils sont des modèles d'étude majeurs en biologie, psychologie et médecine. Leur grande adaptabilité et leur structure sociale complexe en font des sujets de recherche fascinants.
Description
Les macaques sont des singes de taille petite à moyenne, au corps robuste et aux membres puissants. Leur museau est proéminent, et ils possèdent des abajoues (poches dans les joues) pour stocker temporairement de la nourriture. Leur fourrure va du gris-brun au noir, parfois avec des marques faciales distinctives (comme la face rouge du macaque à face rouge). La queue est un caractère très variable : absente ou très courte chez le Magot (Macaca sylvanus), de longueur moyenne chez le macaque rhésus (Macaca mulatta), et longue et préhensile chez le macaque crabier (Macaca fascicularis). Les mâles sont généralement plus grands et lourds que les femelles.
Habitat
Leur aire de répartition couvre une immense diversité écologique en Asie. On les trouve dans les forêts tropicales humides d'Indonésie, les forêts tempérées des montagnes japonaises (macaque japonais ou 'singe des neiges'), les forêts de mousson indiennes, les mangroves, et même les zones semi-désertiques rocheuses. Leur adaptabilité est telle que certaines populations, comme les macaques rhésus en Inde ou les macaques à longue queue en Asie du Sud-Est, prospèrent dans les zones urbaines et agricoles, où ils entrent souvent en conflit avec les humains.
Alimentation
Ce sont des omnivores opportunistes et généralistes. Leur régime se compose principalement de fruits, de graines, de feuilles, de fleurs et d'écorces. Ils complètent ce régime végétarien par des insectes, des petits vertébrés, des œufs d'oiseaux et, pour les populations côtières, des crustacés (d'où le nom de 'macaque crabier'). Leur curiosité et leur intelligence les poussent à exploiter de nouvelles sources de nourriture, y compris les déchets humains ou les offrandes dans les temples, ce qui peut poser problème.
Reproduction
La reproduction est saisonnière ou asaisonnière selon l'espèce et l'habitat. Les femelles ont un cycle menstruel visible, similaire à celui des humains, ce qui a fait du macaque rhésus un modèle clé pour la recherche en reproduction. Après une gestation d'environ 5 à 6 mois, la femelle donne naissance à un seul petit, rarement deux. Le petit, au pelage souvent plus clair que les adultes, s'accroche d'abord au ventre de sa mère, puis plus tard à son dos. La maturité sexuelle est atteinte vers 3 à 5 ans pour les femelles, et plus tard pour les mâles.
Comportement
Les macaques vivent en groupes multimâles-multifemelles, structurés par une hiérarchie de dominance linéaire et stricte, tant chez les mâles que chez les femelles (où le rang est souvent hérité de la mère). Les interactions sociales sont intenses et incluent le toilettage mutuel (allogrooming), qui renforce les alliances et apaise les tensions. La communication est riche, utilisant des expressions faciales (sourire en grimace de soumission), des postures, des vocalisations et des gestes. Certaines populations, comme les macaques japonais de l'île de Koshima, ont développé des traditions culturelles, comme le lavage des patates douces dans l'eau de mer, transmises par apprentissage social.
Conservation
La situation est très contrastée. Des espèces comme le macaque rhésus sont abondantes et même considérées comme nuisibles dans certaines régions. En revanche, de nombreuses espèces insulaires sont gravement menacées par la déforestation, la chasse pour la viande de brousse et le commerce illégal d'animaux de compagnie ou pour la recherche. Le macaque à crête de Sulawesi (Macaca nigra) est en danger critique, et le macaque de Barbarie (ou Magot) est vulnérable, avec une population fragmentée. Leur importance écologique en tant que disperseurs de graines est cruciale pour la santé des forêts.
