Introduction
Le kiwi est un oiseau unique et emblématique, véritable trésor national de la Nouvelle-Zélande. Il appartient à un groupe ancien d'oiseaux ratites, comme l'autruche et l'émeu, mais a évolué de manière isolée pendant environ 70 millions d'années. Son nom vient du cri distinctif du mâle, 'ki-wi'. Il existe cinq espèces reconnues : le kiwi brun de l'île du Nord (Apteryx mantelli), le tokoeka (Apteryx australis), le kiwi d'Owen ou petit kiwi tacheté (Apteryx owenii), le grand kiwi tacheté (Apteryx haastii) et le kiwi de l'île du Sud ou rowi (Apteryx rowi). Chacune possède des adaptations spécifiques à son environnement.
Description
Le kiwi défie l'image traditionnelle de l'oiseau. Son corps est en forme de poire, recouvert de plumes brunâtres ou grisâtres ressemblant à des poils, sans rectrices (plumes de la queue). Ses ailes sont atrophiées, réduites à de petits moignons cachés sous le plumage, le rendant totalement incapable de voler. Ses pattes sont puissantes et munies de griffes robustes, adaptées à la course et au grattage du sol. Sa caractéristique la plus remarquable est son long bec flexible (environ un tiers de sa longueur corporelle), légèrement courbé vers le bas. Fait unique chez les oiseaux, ses narines sont situées à l'extrémité du bec, lui conférant un odorat exceptionnel. Ses yeux sont petits et sa vue médiocre, compensée par un excellent ouïe et odorat. Les femelles sont généralement plus grandes et plus lourdes que les mâles.
Habitat
Les kiwis sont endémiques de la Nouvelle-Zélande et se rencontrent dans divers habitats forestiers, depuis les forêts subtropicales de kauri dans le nord jusqu'aux forêts de hêtres et les zones subalpines dans le sud. Ils préfèrent les forêts anciennes avec un sol meuble et riche en humus, propice à la recherche de nourriture, mais certaines populations survivent dans des terres agricoles et des broussailles. Leur répartition, autrefois étendue sur les deux îles principales, est aujourd'hui fragmentée et réduite à des zones protégées, des îles sans prédateurs et des réserves clôturées.
Alimentation
Le kiwi est principalement insectivore. Son régime se compose essentiellement d'invertébrés qu'il déterre du sol à l'aide de son bec sensible. Il consomme des vers de terre, des larves de coléoptères (comme le hanneton), des araignées, des mille-pattes et des insectes. Il complète ce régime avec des fruits tombés, des baies, des graines et occasionnellement des écrevisses ou des amphibiens. Son métabolisme est lent et sa température corporelle est d'environ 38°C, plus basse que celle de la plupart des oiseaux, ce qui réduit ses besoins énergétiques.
Reproduction
Les kiwis forment des couples monogames qui peuvent durer toute une vie. La saison de reproduction s'étend de juin à mars. La femelle pond un ou deux œufs par couvée (un seul pour la plupart des espèces), mais cet œuf est proportionnellement énorme : il peut représenter jusqu'à 20% du poids de la femelle (l'équivalent d'une femme de 60 kg donnant naissance à un bébé de 12 kg). L'œuf, à coquille blanche ou verdâtre, est incubé principalement par le mâle pendant 70 à 90 jours, une période extrêmement longue pour un oiseau de cette taille. Le poussin, déjà couvert de plumes, est précoce et quitte le terrier natal après quelques jours pour se nourrir seul. La maturité sexuelle est tardive, atteinte entre 3 et 5 ans.
Comportement
Le kiwi est un animal strictement nocturne et timide. Pendant la journée, il se repose dans un terrier qu'il creuse lui-même ou dans un tronc creux. Il devient actif après la tombée de la nuit pour chercher sa nourriture, utilisant son odorat et son ouïe pour localiser ses proies dans l'obscurité. Il est territorial et marque son domaine avec son cri puissant et des déjections. Contrairement à la plupart des oiseaux, il possède un sens de l'odorat développé, avec un bulbe olfactif important dans son cerveau. Son terrier est changé fréquemment.
Conservation
Le kiwi est classé comme vulnérable ou en danger sur la Liste Rouge de l'UICN. Le principal facteur de son déclin est l'introduction par l'homme de mammifères prédateurs (chats, hermines, furets, chiens) qui s'attaquent aux adultes et surtout aux poussins et aux œufs. La destruction de son habitat forestier a également joué un rôle majeur. Des efforts de conservation intensifs sont en cours : programmes de gestion des prédateurs (piégeage, poison), opérations 'Kiwi sanctuaries' sur des îles ou dans des réserves clôturées, et programmes d'élevage en captivité comme 'Operation Nest Egg' (récupération des œufs en milieu sauvage, incubation et élevage des poussins en sécurité avant leur réintroduction). Ces efforts ont stabilisé ou augmenté les populations de certaines espèces dans des zones protégées.
