Introduction
Le gnou, souvent appelé "wildebeest" en anglais, est un emblème de la faune africaine et l'un des acteurs principaux de la Grande Migration, considérée comme l'un des plus grands spectacles naturels au monde. Appartenant à la famille des bovidés, il incarne la vie sauvage des vastes plaines de l'Afrique. Il existe deux espèces : le gnou bleu (Connochaetes taurinus), le plus répandu, et le gnou noir (Connochaetes gnou), plus rare et menacé. Leur existence est intimement liée aux cycles des pluies et des pâturages, dictant un mode de vie nomade et grégaire.
Description
Le gnou bleu présente un physique robuste et disproportionné. Son avant-train est massif, avec un garrot proéminent et une tête large portée basse. L'arrière-train est plus fin et plus bas. Son pelage est gris-ardoise à brun, avec des rayures verticales sombres sur le cou et les épaules, d'où l'épithète "bleu" provenant d'un reflet argenté. Il possède une crinière noire hérissée, une barbe touffue (noire ou blanche selon la sous-espèce) et une queue longue et touffue semblable à celle d'un cheval. Les deux sexes portent des cornes épaisses, recourbées vers le haut puis vers l'intérieur, celles du mâle étant plus massives. Son museau est large, adapté au broutage des herbes courtes.
Habitat
Le gnou bleu est inféodé aux écosystèmes de savanes ouvertes, de plaines herbeuses et de zones arbustives. Son aire de répartition historique couvre principalement le Kenya, la Tanzanie, le Botswana, la Zambie, le Zimbabwe, le Mozambique, l'Afrique du Sud, l'Eswatini et l'Angola. L'habitat le plus célèbre est l'écosystème du Serengeti (Tanzanie) et du Masai Mara (Kenya), théâtre de la Grande Migration. Ces animaux évitent les forêts denses et les déserts, dépendant entièrement de l'eau et des pâturages saisonniers.
Alimentation
Le gnou est un herbivore strictement graminivore, se nourrissant presque exclusivement d'herbes courtes et nutritives. Son mode d'alimentation, le broutage, est complémentaire à celui des zèbres (qui mangent les parties hautes et dures des herbes) et des gazelles (qui sélectionnent les pousses tendres), permettant une utilisation optimale des prairies. Il doit boire régulièrement, presque quotidiennement, ce qui influence directement ses déplacements migratoires. Son système digestif efficace lui permet de tirer un maximum de nutriments de végétaux de qualité moyenne.
Reproduction
La saison des amours, ou "rut", a lieu en pleine migration, généralement entre avril et juin. Les mâles établissent et défendent férocement de petits territoires temporaires où ils tentent de rassembler des femelles. Les combats entre mâles sont impressionnants, impliquant des charges, des coups de cornes et des postures d'intimidation. Après une gestation d'environ 8,5 mois, la femelle donne naissance à un seul petit, appelé veau, capable de se tenir debout et de courir dans les minutes qui suivent la naissance. Cette précocité est vitale pour échapper aux prédateurs. La mise bas a souvent lieu en février-mars, synchronisée sur une période courte (2-3 semaines) dans des zones spécifiques, un phénomène appelé "vêlage synchronisé" qui submerge les prédateurs par le nombre.
Comportement
Le gnou est un animal extrêmement grégaire, vivant en troupeaux qui peuvent compter de quelques dizaines à plusieurs centaines de milliers d'individus. Son comportement le plus fameux est la Grande Migration, un mouvement circulaire annuel de plus de 1 800 km suivi par environ 1,5 million de gnous, accompagnés de zèbres et de gazelles. Cette migration est motivée par la recherche d'eau et de pâturages frais. Les troupeaux sont bruyants, émettant constamment des grognements nasillards ("gnou" est une imitation de ce son). Bien que semblant maladroits, les gnous sont d'excellents coureurs, capables d'atteindre 80 km/h sur de courtes distances et de nager avec endurance pour traverser des rivières infestées de crocodiles.
Conservation
L'espèce Connochaetes taurinus (gnou bleu) est classée "Préoccupation mineure" par l'UICN, avec des populations stables voire en augmentation dans les grands écosystèmes protégés comme le Serengeti. Ses principales menaces sont la fragmentation de l'habitat due à l'expansion agricole, les clôtures qui bloquent les routes de migration, les sécheresses exacerbées par le changement climatique et le braconnage pour la viande. La conservation de ses corridors migratoires est essentielle à sa survie. En revanche, le gnou noir (Connochaetes gnou), autrefois au bord de l'extinction, a été sauvé par des programmes d'élevage en ranch et de réintroduction, et est aujourd'hui classé "Quasi menacé".
