Béluga

Le béluga, ou baleine blanche, est un cétacé arctique emblématique, célèbre pour sa couleur blanche immaculée, son front bombé (le melon) et sa grande expressivité vocale qui lui vaut le surnom de 'canari des mers'.

Introduction

Le béluga (Delphinapterus leucas) est un cétacé à dents de taille moyenne, unique représentant du genre Delphinapterus. Il est l'un des mammifères marins les plus reconnaissables et les plus adaptés à la vie dans l'environnement extrême de l'Arctique. Son nom vient du russe 'belukha', signifiant 'blanc'. Contrairement à la plupart des baleines, il possède des vertèbres cervicales non soudées, lui permettant de tourner la tête latéralement, un avantage pour la chasse et l'observation dans les eaux glacées.

Description

Le béluga est entièrement blanc à l'âge adulte, une adaptation au camouflage dans la banquise. Les nouveau-nés, appelés 'veaux', sont gris foncé ou bruns et s'éclaircissent progressivement pour atteindre leur blancheur définitive entre 5 et 12 ans (les femelles plus tôt que les mâles). Il se distingue par l'absence d'aileron dorsal, remplacé par une crête dorsale, une adaptation pour nager sous la glace. Sa tête est ronde et flexible, avec un melon proéminent et gras qui peut changer de forme pour focaliser les sons lors de l'écholocation. Sa bouche est souvent perçue comme 'souriante'. Il possède entre 34 et 40 dents coniques.

Habitat

Le béluga est inféodé aux eaux froides de l'hémisphère nord. On le trouve principalement dans les zones côtières de l'océan Arctique, ainsi que dans les mers adjacentes (mer de Béring, mer d'Okhotsk, mer du Labrador, baie d'Hudson, golfe du Saint-Laurent). Il fréquente les estuaires, les fjords et les eaux peu profondes en été, où l'eau est plus chaude et la nourriture abondante. Ces migrations saisonnières sont cruciales pour la mue (ils frottent leur peau contre le gravier pour se débarrasser de l'épiderme mort) et la reproduction. En hiver, ils suivent l'avancée de la banquise.

Alimentation

C'est un prédateur opportuniste dont le régime varie selon la saison et la localisation. Il se nourrit principalement de poissons (capelan, morue, saumon, flétan), mais aussi de crustacés (crevettes, crabes), de vers polaires et de céphalopodes (calmars, pieuvres). Il utilise intensivement l'écholocation pour localiser ses proies dans les eaux souvent troubles ou sous la glace. Sa capacité à souffler de l'eau pour déloger les proies du fond est également documentée. Il peut plonger jusqu'à 700 mètres de profondeur, mais la plupart de ses plongées se font à moins de 20 mètres.

Reproduction

La maturité sexuelle est atteinte vers 4-7 ans pour les femelles et 7-9 ans pour les mâles. L'accouplement a lieu au printemps, la gestation dure environ 14-15 mois. Les naissances, généralement un seul petit, surviennent en été dans les eaux plus chaudes des estuaires. Le veau, mesurant environ 1,5 mètre et pesant 80 kg, est allaité pendant 2 ans ou plus. Le lien mère-veau est très fort. Les femelles donnent naissance tous les 3 ans en moyenne. Les groupes de nourrissage (crèches) où plusieurs femelles surveillent les jeunes sont observés.

Comportement

Le béluga est un animal extrêmement social, vivant en groupes (pods) de quelques individus à plusieurs centaines, surtout en été. Il est célèbre pour son répertoire vocal très étendu : clics, sifflements, tintements, gloussements. Cette communication sophistiquée est essentielle pour la navigation, la chasse et la cohésion sociale dans un environnement où la visibilité est limitée. Il est curieux et souvent observé en interaction avec les bateaux. Les mâles peuvent former des alliances séparées. Les migrations sont guidées par la disponibilité de la nourriture et l'état des glaces.

Conservation

Classé 'Quasi menacé' par l'UICN, le béluga fait face à plusieurs menaces. La pollution (PCB, métaux lourds) s'accumule dans ses tissus gras. La dégradation de son habitat due au changement climatique (recul de la banquise, modification des proies) et au trafic maritime accru (bruit, collisions) est préoccupante. Certaines populations, comme celle de la baie d'Hudson, sont en déclin, tandis que d'autres, comme celle de l'estuaire du Saint-Laurent (environ 900 individus), sont considérées comme menacées. La chasse de subsistance par les peuples autochtones de l'Arctique est réglementée et durable pour certaines populations. La captivité, bien que controversée, a permis des études comportementales mais soulève des questions éthiques.

Anecdotes

Sources

  • Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) - Liste rouge
  • National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) Fisheries
  • World Wildlife Fund (WWF) - Fiche espèce Béluga
  • Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP)
  • Marine Mammal Science - Publications académiques
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