Introduction
L'alpaga est un mammifère camélidé domestiqué il y a plus de 6000 ans dans les hauts plateaux andins d'Amérique du Sud, principalement à partir de la vigogne. Il constitue, avec le lama, le guanaco et la vigogne, l'une des quatre espèces de camélidés sud-américains. Son élevage, ou 'crianza', est profondément ancré dans la culture andine et représente une ressource économique vitale pour de nombreuses communautés. Il est principalement élevé pour sa fibre, considérée comme l'une des plus fines et luxueuses au monde.
Description
L'alpaga est plus petit et plus fin que le lama, avec un cou plus court, une tête plus petite et des oreilles pointues et droites (celles du lama sont en forme de banane). Sa toison, qui recouvre presque tout le corps à l'exception du museau et des pattes, est sa caractéristique la plus précieuse. Il existe deux races principales, définies par la structure de leur fibre : le Huacaya (environ 90% de la population mondiale) possède une toison dense, bouclée et élastique, donnant un aspect 'pelucheux'. Le Suri, plus rare, a une fibre longue, soyeuse et lustrée qui forme des mèches (dreadlocks) tombant le long du corps. La palette de couleurs naturelles est exceptionnellement large, avec 22 teintes officiellement reconnues, allant du blanc pur au noir profond, en passant par diverses nuances de marron, gris et fauve.
Habitat
Originaire et parfaitement adapté à l'environnement rude de l'Altiplano andin, l'alpaga prospère à des altitudes comprises entre 3500 et 4800 mètres. Ces régions sont caractérisées par de basses températures, une forte amplitude thermique entre le jour et la nuit, un air raréfié et un sol souvent pauvre. Son organisme est une merveille d'adaptation : son sang contient un nombre élevé de globules rouges pour capter l'oxygène, ses pieds mous à deux doigts n'endommagent pas les pâturages fragiles, et sa laine épaisse offre une isolation thermique incomparable. Aujourd'hui, il est également élevé avec succès dans de nombreux autres pays (États-Unis, Canada, Australie, Europe) sous divers climats.
Alimentation
Herbivore strict et ruminant, l'alpaga est un animal peu exigeant. Dans son habitat naturel, il se nourrit principalement d'ichu (graminées andines) et d'autres végétaux de la puna. En élevage, son régime est complémenté par du foin de qualité et, parfois, des concentrés minéraux et vitaminés adaptés. Il possède une lèvre supérieure fendue qui lui permet de brouter très près du sol de manière sélective. Comme tous les camélidés, il est très efficace dans l'utilisation de l'eau et des nutriments.
Reproduction
La maturité sexuelle est atteinte vers 12 à 24 mois. La femelle, appelée hembra, a une gestation longue d'environ 11 à 12 mois (335 à 345 jours) et ne donne généralement naissance qu'à un seul petit, appelé cria. Les naissances, ou partos, ont lieu principalement le jour, une adaptation pour éviter les prédateurs nocturnes. Le cria est debout et tète dans l'heure qui suit sa naissance. Le sevrage intervient généralement entre 6 et 8 mois. Les éleveurs pratiquent souvent un accouplement contrôlé pour sélectionner les qualités de la fibre.
Comportement
L'alpaga est un animal grégaire, doux, curieux mais aussi craintif, qui vit en troupeaux structurés. Il communique par une variété de sons doux, dont le plus caractéristique est un petit bourdonnement (humming) exprimant différents états (curiosité, inquiétude, contentement). Il utilise aussi le langage corporel, notamment la position des oreilles et de la queue. Pour régler les conflits de dominance, les mâles se battent principalement en se bousculant et en crachant. Le crachat, composé d'air et de contenu stomacal, est une défense de dernier recours, également utilisée par les femelles pour repousser les avances d'un mâle indésirable.
Conservation
En tant qu'espèce domestique, l'alpaga n'a pas de statut de conservation sauvage. Sa population mondiale est estimée à environ 4 millions d'individus, dont plus de 80% se trouvent au Pérou. Les enjeux de conservation portent sur la préservation de la diversité génétique, la lutte contre les maladies (comme l'entérotoxémie), l'amélioration durable des pratiques d'élevage et la protection des écosystèmes andins. La sauvegarde des races pures, notamment du Suri plus rare, et la valorisation de la laine d'alpaga comme produit durable et éthique face à la concurrence des fibres synthétiques sont des défis majeurs.
