Introduction
Le mythe de la Boîte de Pandore est l'un des récits fondateurs de la mythologie grecque, popularisé par le poète Hésiode dans ses œuvres 'Les Travaux et les Jours' et 'La Théogonie' (VIIIe-VIIe siècle av. J.-C.). Il raconte comment les dieux, pour punir l'humanité après le vol du feu par Prométhée, créèrent la première femme, Pandore, et lui confièrent un récipient scellé contenant tous les maux. Son ouverture involontaire marque la fin de l'Âge d'or et l'irruption de la souffrance dans le monde des mortels.
Description
Contrairement à la croyance populaire, le récit originel d'Hésiode parle d'une 'pithos', une grande jarre de stockage en terre cuite, et non d'une 'boîte'. La confusion vient d'une erreur de traduction d'Érasme au XVIe siècle, qui traduisit 'pithos' par 'pyxis' (boîte). Pandore, dont le nom signifie 'cadeau de tous' ou 'dotée de tous les dons', fut façonnée par Héphaïstos sur ordre de Zeus. Chaque dieu lui offrit une qualité séduisante : Aphrodite lui donna la beauté, Athéna l'habileté manuelle, Hermès la persuasion et la duplicité. Elle fut envoyée sur Terre comme un présent empoisonné à Épiméthée, le frère imprévoyant de Prométhée, malgré l'avertissement de ce dernier de n'accepter aucun cadeau des dieux.
Histoire
L'histoire s'inscrit dans la suite du conflit entre Zeus et Prométhée. Après que Prométhée ait dérobé le feu céleste pour l'offrir aux hommes, Zeus conçut un châtiment raffiné. Il ordonna la création de Pandore, la première femme, destinée à être un 'beau mal'. Elle fut présentée à Épiméthée avec la jarre scellée. Poussée par une curiosité insatiable (ou, selon certaines versions, par ignorance), Pandore souleva le couvercle de la jarre. Instantanément, tous les maux qu'elle contenait – la vieillesse, la maladie, la guerre, la famine, la misère, la folie, le vice, la passion et la tromperie – s'échappèrent et se répandirent irrémédiablement sur la Terre. Prise de panique, Pandore referma le couvercle, ne retenant à l'intérieur qu'une seule chose : l'Espérance (Elpis). Ainsi, l'humanité fut condamnée à une existence de labeur et de souffrance, avec pour seul réconfort l'espérance, qui reste enfermée et inaccessible.
Caracteristiques
Le mythe présente plusieurs éléments symboliques puissants. La jarre (pithos) représente un réceptacle de forces cachées et potentiellement destructrices. Pandore incarne l'ambiguïté du don divin, à la fois merveilleux et dangereux, et personnifie la curiosité humaine et ses conséquences imprévues. Les maux qui s'échappent sont des abstractions personnifiées, typiques de la pensée grecque archaïque. L'Espérance (Elpis) retenue dans la jarre est l'objet d'interprétations philosophiques majeures : est-elle le dernier bien, préservé pour soutenir l'humanité, ou un mal supplémentaire, car elle entretient les hommes dans l'illusion et les empêche d'accepter leur sort ? Le récit est aussi un mythe étiologique, expliquant pourquoi le mal existe dans le monde.
Importance
Le mythe de Pandore a eu une influence considérable sur la culture occidentale. Il constitue une explication mythique de l'origine du mal et de la condition humaine marquée par la souffrance. Il a inspiré d'innombrables œuvres d'art, de la Renaissance (peintures de Rosso Fiorentino, de Jordaens) à l'époque moderne (sculptures, littérature). L'expression 'boîte de Pandore' est passée dans le langage courant pour désigner une action apparemment anodine qui peut déclencher une série de catastrophes imprévues et incontrôlables. Le mythe pose également des questions profondes sur la curiosité, la désobéissance, la punition divine et la nature ambivalente de l'espérance, en faisant un récit fondateur de la psyché humaine.
