Introduction
Huitzilopochtli, dont le nom signifie 'Colibri du Sud' ou 'Colibri gauche' (associé à l'âme des guerriers morts), était la divinité tutélaire des Mexicas (Aztèques). Plus qu'un simple dieu, il était leur guide mythique, leur chef de guerre céleste et la personnification du soleil à son zénith. Il incarnait la volonté impériale aztèque, justifiant par son culte l'expansion militaire et les sacrifices à grande échelle, essentiels pour repousser les ténèbres et assurer la continuité du monde.
Origines
Les origines de Huitzilopochtli sont intimement liées à l'histoire des Mexicas. Contrairement à d'autres dieux majeurs du panthéon mésoaméricain (comme Tlaloc ou Quetzalcoatl), il n'avait pas de culte antérieur répandu. Il émerge comme une divinité tribale spécifique lors de la migration légendaire depuis Aztlan, vers le 12ème-13ème siècle. Il se manifestait à ses prêtres sous la forme d'un colibri ou d'une tête d'humanoïde enveloppée de plumes, leur dictant la route à suivre et leur promettant un lieu où fonder leur cité, marqué par un aigle dévorant un serpent sur un cactus. Cette prophétie aboutit à la fondation de Tenochtitlan en 1325.
Attributs
Huitzilopochtli est le dieu du soleil de midi, à son apogée, brûlant et guerrier. Il est le maître de la guerre, non pour la conquête territoriale seule, mais pour capturer des prisonniers destinés aux sacrifices (la 'Guerre Fleurie'). Il est aussi un chasseur céleste. Son pouvoir principal est de vaincre les forces des ténèbres (les étoiles, représentées par sa sœur Coyolxauhqui et ses frères les Centzon Huitznahua) chaque matin pour permettre au soleil de se lever. Il est étroitement associé au feu, matérialisé par son arme, le Xiuhcoatl (Serpent de feu/Turquoise).
Mythes
Le mythe fondateur est sa naissance miraculeuse. Sa mère, Coatlicue, fut fécondée par une boule de plumes. Ses enfants, menés par sa fille Coyolxauhqui (déesse de la lune), outragés, décidèrent de la tuer. Au moment de l'attaque, Huitzilopochtli naît pleinement armé. Il décapite Coyolxauhqui et jette son corps du haut de la montagne Coatepec (Montagne du Serpent), puis pourchasse et massacre ses 400 frères (les étoiles). Ce mythe symbolise la victoire quotidienne du soleil sur la lune et les étoiles. Un autre mythe important est son rôle de guide pendant la migration aztèque, où il ordonna l'abandon des groupes qui refusaient de le suivre.
Culte
Son culte était central et impérial. Le Templo Mayor de Tenochtitlan était une double pyramide dédiée à Huitzilopochtli (côté sud) et à Tlaloc (côté nord), symbolisant l'alliance guerre-eau/agriculture. La pierre monumentale de Coyolxauhqui fut placée à sa base. Les sacrifices humains, souvent des prisonniers de guerre, étaient massifs lors de ses fêtes, notamment pendant la cérémonie de Panquetzaliztli ('Élévation des bannières'). Le cœur était offert au dieu, et le corps parfois consommé rituellement. Ces sacrifices étaient vus comme du 'pain précieux' (tlaxcaltiliztli) nécessaire pour nourrir le dieu-soleil et l'aider dans son combat cosmique.
Influence
Après la Conquête, son culte fut violemment supprimé. Cependant, son iconographie et ses mythes ont persisté dans l'art et la culture populaire mexicaine. La figure de l'aigle et du serpent, inspirée de sa prophétie, est au centre des armoiries et du drapeau du Mexique. Il est devenu un symbole puissant de l'identité préhispanique et de la résistance culturelle. Huitzilopochtli apparaît régulièrement dans la littérature, les bandes dessinées, les jeux vidéo (comme 'Age of Empires II' ou 'Smite') et les séries, représentant souvent l'archétype du dieu guerrier mésoaméricain exigeant et impitoyable.
