Introduction
Le cor d'harmonie, souvent appelé simplement « cor » dans le monde francophone, est l'évolution moderne du cor naturel (ou cor de chasse). Contrairement à ses ancêtres dépourvus de mécanisme, il est équipé de pistons (généralement trois, parfois quatre) qui permettent de jouer toutes les notes de la gamme chromatique. Son timbre, à la fois noble, puissant et doux, en fait un pilier de l'orchestre symphonique, où il assure des fonctions harmoniques, mélodiques et rythmiques. Il est également un instrument soliste et de musique de chambre apprécié.
Histoire
L'histoire du cor remonte aux instruments de signalisation en corne d'animal ou en métal. Le cor de chasse naturel, utilisé à la cour française au XVIIe et XVIIIe siècles, fut intégré à l'orchestre par des compositeurs comme Jean-Baptiste Lully. Pour pallier son incapacité à jouer chromatiquement, la technique du « bouchage » (insérer la main dans le pavillon) se développa. La révolution intervient au début du XIXe siècle avec l'invention des pistons, attribuée à Heinrich Stölzel et Friedrich Blümel en 1818. Ce système mécanique, perfectionné ensuite, donna naissance au cor d'harmonie à pistons (ou cor à pistons). Le modèle le plus répandu aujourd'hui est le cor double, combinant un cor en Fa et un cor en Sib sur un même instrument, inventé à la fin du XIXe siècle pour offrir plus de sécurité dans les aigus et une meilleure justesse.
Fabrication
La fabrication est un artisanat de précision. Le tube conique, d'une longueur totale d'environ 3,70 mètres pour un cor simple en Fa (près de 5 m si l'on compte les branches supplémentaires du cor double), est formé à partir de bandes de laiton. Il est courbé, soudé, puis martelé et étiré pour obtenir sa forme circulaire caractéristique. Les pistons, cœur du mécanisme, sont usinés avec une tolérance micrométrique pour assurer un glissement parfait. Le pavillon, large (28 à 32 cm de diamètre), est embouti et martelé à la main pour lui donner sa forme évasée. L'instrument est ensuite poli, éventuellement plaqué (argent, or, nickel), et assemblé. La perce (diamètre intérieur du tube) et le type de pistons (rotatifs sont la norme) varient selon les modèles et les écoles (allemande, française, américaine).
Technique
La technique du cor est réputée difficile. Le son est produit par la vibration des lèvres du musicien dans l'embouchure hémisphérique, profonde et étroite. La colonne d'air est mise en vibration et amplifiée par le long tube conique. La main gauche actionne les pistons, qui allongent le parcours de l'air et abaissent la note. La main droite, placée dans le pavillon, est un élément technique essentiel : elle permet d'ajuster finement la justesse (en la « corrigeant » pour certaines notes naturellement fausses), d'attaquer ou d'arrêter le son (son bouché), et de modifier le timbre (son cuivré, sourd). Le contrôle du souffle et de la « pression d'air » est capital pour la qualité du son et l'endurance.
Repertoire
Le répertoire orchestral est immense, des concertos pour cor naturel de Mozart (adaptés au cor moderne) aux partitions romantiques et post-romantiques (Brahms, Tchaïkovski, Bruckner, Mahler, Strauss) où le cor tient un rôle de premier plan. En soliste, des concertos majeurs ont été écrits par Richard Strauss (deux concertos), Franz Strauss, Glière, et des œuvres de musique de chambre par Beethoven (Quintette avec piano), Schumann, Dvořák, et Brahms (Trio pour cor, violon et piano). La musique de film l'utilise abondamment pour ses connotations héroïques, épiques ou nostalgiques (John Williams, Howard Shore).
Musiciens Celebres
Parmi les grands cornistes, on peut citer : Dennis Brain (Royaume-Uni, légende du XXe siècle), Barry Tuckwell (Australie), Hermann Baumann (Allemagne), Radovan Vlatković (Croatie), Stefan Dohr (Allemagne, cor solo de l'Orchestre Philharmonique de Berlin), Sarah Willis (États-Unis/Allemagne, médiatrice célèbre), et les Français André Cazalet (ancien cor solo de l'Orchestre de Paris) et David Guerrier (également trompettiste).
