Introduction
La batterie moderne, ou drum kit, est une invention de la culture musicale afro-américaine, née de la nécessité pour un seul percussionniste de pouvoir jouer plusieurs parties rythmiques simultanément. Elle est l'aboutissement d'une fusion entre les tambours européens (grosse caisse, caisse claire) et les cymbales turques, adaptés aux besoins des orchestres de jazz de La Nouvelle-Orléans. Plus qu'un simple instrument, elle est un système modulaire et hautement personnalisable, dont la configuration standard s'est imposée dans les années 1930-1940.
Histoire
La batterie est le fruit d'une évolution progressive. À la fin du XIXe siècle, les fanfares et orchestres de vaudeville utilisaient plusieurs percussionnistes. Pour des raisons économiques et spatiales, on a commencé à regrouper les instruments. L'invention de la pédale de grosse caisse (vers 1890) et du charleston (vers 1920) furent des étapes décisives. Les batteurs de jazz comme Baby Dodds et Zutty Singleton ont contribué à son développement technique. L'ère du rock 'n' roll et des Beatles a popularisé la configuration standard '4 pièces' (grosse caisse, caisse claire, tom, floor tom) et '5 pièces' (avec un tom médium supplémentaire). Les progrès des peaux synthétiques (années 1950) et des batteries électroniques (années 1970-1980) ont élargi ses possibilités sonores.
Fabrication
La fabrication est un processus spécialisé. Les fûts (toms, grosse caisse) sont tournés à partir de plis de bois collés (ply) ou de blocs de bois, puis poncés et vernis. Le nombre de plis et le type de bois influencent le son. Les cercles (en acier ou alliage) maintiennent la peau. Les peaux, autrefois en animal, sont aujourd'hui majoritairement en polyester laminé, offrant stabilité et durabilité. Les cymbales sont coulées à partir d'alliages (bronze B20 pour le haut de gamme, B8 pour l'entrée de gamme), forgées, tournées, martelées (manuellement ou mécaniquement) puis polies. Le hardware (pédales, pieds, supports) est usiné en acier et conçu pour résister à de fortes contraintes.
Technique
La technique repose sur la coordination indépendante des quatre membres. La main droite et la main gauche jouent généralement la caisse claire et les cymbales (ride, crash), tandis que le pied droit actionne la pédale de grosse caisse et le pied gauche celle du charleston. Les rudiments (roulé, frisé, fla, drag, paradiddle) forment le vocabulaire de base appliqué à la caisse claire. Le jeu implique des nuances dynamiques, des ghost notes (notes très douces), des breaks (phrases solistes courtes) et des grooves (motifs rythmiques répétitifs). Le grip (manière de tenir les baguettes) peut être traditionnel (originaire des tambours militaires) ou matched (identique pour les deux mains).
Repertoire
Le répertoire de la batterie est intrinsèquement lié aux styles musicaux. En jazz, elle passe du timekeeping simple du Dixieland aux polyrythmies complexes du bebop (Max Roach, Art Blakey) et aux explorations libres. Dans le rock et ses dérivés, elle assure un pulse puissant et des fills spectaculaires (John Bonham, Keith Moon, Neil Peart). Le funk et la soul mettent en avant le groove syncopé (Clyde Stubblefield, Jabo Starks, Steve Gadd). Le métal exige vitesse et double pédale. La batterie est aussi centrale dans la pop, le hip-hop (souvent via des boîtes à rythmes samplées), le R&B et la fusion. Des compositeurs contemporains (Iannis Xenakis, John Cage) ont également écrit pour elle.
Musiciens Celebres
Pionniers : Baby Dodds, Gene Krupa, Buddy Rich. Jazz : Max Roach, Art Blakey, Elvin Jones, Tony Williams, Brian Blade. Rock : Ringo Starr (The Beatles), John Bonham (Led Zeppelin), Keith Moon (The Who), Neil Peart (Rush), Stewart Copeland (The Police). Funk/Soul/R&B : Clyde Stubblefield, Jabo Starks, Steve Gadd, Bernard Purdie, Questlove. Fusion : Billy Cobham, Vinnie Colaiuta, Dave Weckl. Métal : Lars Ulrich (Metallica), Mike Portnoy, Danny Carey (Tool). Batteurs influents modernes : Chris Dave, Mark Guiliana, Antonio Sanchez.
