Introduction
Le concerto est l'une des formes les plus populaires et durables de la musique instrumentale occidentale. Il incarne le dialogue, la compétition et la collaboration entre un individu (le soliste) et un collectif (l'orchestre). Cette forme a évolué considérablement à travers les siècles, depuis ses origines vocales jusqu'aux œuvres monumentales du romantisme et aux expérimentations du XXe et XXIe siècles, tout en conservant son essence : la mise en valeur d'un instrument et de son interprète.
Description
Un concerto est une composition musicale, généralement en plusieurs mouvements, écrite pour un ou plusieurs instruments solistes accompagnés par un orchestre. Le terme dérive de l'italien 'concertare', qui signifie à la fois 'se concerter' et 'rivaliser'. Cette dualité est au cœur du genre : le soliste et l'orchestre s'engagent dans un échange complexe, alternant entre fusion et opposition. La structure la plus courante, établie à l'époque classique, comprend trois mouvements : un premier mouvement vif et souvent dramatique (souvent sous forme sonate), un deuxième mouvement lent et lyrique, et un troisième mouvement rapide et brillant (souvent un rondo). Le concerto met en avant la technique, l'expressivité et l'individualité du soliste, culminant souvent dans une cadence, un passage improvisé ou écrit où le soliste joue seul, démontrant sa virtuosité.
Histoire
Les origines du concerto remontent à la fin de la Renaissance et au début de la période baroque. Le 'concerto grosso' (début XVIIe siècle) oppose un petit groupe de solistes (le concertino) à l'orchestre complet (le ripieno). Corelli et Vivaldi en sont les maîtres incontestés. Vivaldi, avec ses 'Quatre Saisons', a standardisé la forme en trois mouvements. À l'époque classique, les fils de Bach (C.P.E. Bach, J.C. Bach) et surtout Mozart ont transformé le genre. Mozart a établi le modèle du concerto pour piano moderne, avec une double exposition thématique (orchestre puis soliste) et l'intégration de la cadence. Beethoven a ensuite accru la dimension dramatique et symphonique, faisant du soliste un héros en lutte. Le romantisme a poussé cette vision à son paroxysme avec des concertos extrêmement exigeants et expressifs (Chopin, Brahms, Tchaïkovski). Le XXe siècle a vu une explosion de la diversité : concertos néoclassiques (Stravinsky, Prokofiev), atonaux (Berg), expérimentaux (Ligeti) et l'émergence de concertos pour de nouveaux instruments comme la guitare ou les percussions.
Caracteristiques
Les caractéristiques principales du concerto sont : 1) La présence obligatoire d'un ou plusieurs solistes. 2) L'accompagnement par un ensemble orchestral, créant un contraste de timbres et de masses sonores. 3) Une structure généralement tripartite (vif-lent-vif), bien que des exceptions existent (le Concerto pour violon de Mendelssohn n'a qu'un seul mouvement). 4) L'utilisation de la forme sonate dans le premier mouvement, avec souvent une double exposition des thèmes. 5) La présence d'une cadence, généralement vers la fin du premier mouvement, laissant libre cours à la virtuosité du soliste. 6) L'équilibre entre les éléments de dialogue, de confrontation et d'accompagnement entre le soliste et l'orchestre. 7) Une écriture instrumentale qui exploite les limites techniques et expressives de l'instrument soliste.
Importance
Le concerto est d'une importance capitale dans l'histoire de la musique. Il a été un moteur essentiel du développement de la technique instrumentale, poussant les compositeurs et les interprètes à repousser constamment les limites de la virtuosité. Il a également joué un rôle clé dans la carrière des musiciens, servant de vitrine à leur talent et contribuant au statut de 'star' du soliste à partir du XIXe siècle. D'un point de vue musical, il a permis d'explorer la relation dialectique entre l'individu et le groupe, un thème universel. Enfin, il reste l'une des formes les plus appréciées du public, combinant la grandeur symphonique avec le charisme d'un interprète unique, assurant sa pérennité dans les salles de concert du monde entier.
