Introduction
Les Accords de Genève, signés le 20 et 21 juillet 1954, constituent le point final diplomatique de la guerre d'Indochine (1946-1954). Cette conférence internationale, convoquée à la suite de la défaite française décisive à Diên Biên Phu, réunit les grandes puissances de l'époque dans le but de régler le conflit et le sort de l'ancienne Indochine française. Les accords aboutissent à la fin de huit années de guerre entre le Việt Minh, dirigé par Hô Chi Minh, et la France, soutenue par les États-Unis.
Description
Les Accords de Genève se composent en réalité de plusieurs documents distincts. Les principaux sont : les Accords sur la cessation des hostilités au Vietnam, signés par les commandants militaires français et việt minh ; une Déclaration finale non signée, mais approuvée par la plupart des participants ; et des accords séparés sur le Cambodge et le Laos. L'élément le plus connu est la partition du Vietnam en deux zones de regroupement militaire séparées par une zone démilitarisée (ZDM) le long du 17e parallèle. Le Nord est placé sous le contrôle du gouvernement de la République démocratique du Vietnam (Việt Minh), et le Sud sous celui de l'État du Vietnam (gouvernement de Bảo Đại, soutenu par la France). Cette partition est présentée comme temporaire, en attendant des élections générales prévues pour juillet 1956, qui devaient aboutir à la réunification du pays.
Histoire
La conférence s'ouvre le 26 avril 1954, alors même que se déroule la bataille de Diên Biên Phu, qui se conclut par la victoire du Việt Minh le 7 mai. Les négociations sont complexes et tendues, opposant principalement la France, le Việt Minh, l'URSS, la Chine, le Royaume-Uni et les États-Unis. Le ministre des Affaires étrangères français, Pierre Mendès France, s'était engagé à obtenir un cessez-le-feu sous trente jours. Les pourparlers sont marqués par les tensions de la guerre froide : les États-Unis, hostiles à toute concession au communisme, refusent de signer les accords mais s'engagent à les respecter. La Déclaration finale, qui prévoyait les élections de 1956, ne fut formellement signée par personne, ce qui affaiblit considérablement sa force contraignante.
Caracteristiques
Les accords présentent plusieurs caractéristiques majeures. D'abord, ils sont avant tout des accords militaires (cessez-le-feu, regroupement des forces, échange de prisonniers) plus que politiques. Ensuite, ils instaurent une Commission internationale de contrôle et de surveillance (CICS), composée de représentants du Canada, de l'Inde et de la Pologne, chargée de veiller à l'application des accords. Troisièmement, ils garantissent la neutralité du Cambodge et du Laos, interdisant l'établissement de bases militaires étrangères et l'adhésion à des alliances militaires. Enfin, le caractère provisoire de la partition du Vietnam et la promesse d'élections sont au cœur du dispositif, mais leur mise en œuvre dépendait de la bonne volonté des parties, qui fit rapidement défaut.
Importance
L'importance des Accords de Genève est immense et ambivalente. Ils marquent la fin définitive de l'empire colonial français en Asie du Sud-Est et la reconnaissance internationale des États d'Indochine. Cependant, ils échouent à établir une paix durable. Les élections de réunification n'eurent jamais lieu, le gouvernement sud-vietnamien de Ngô Đình Diệm, soutenu par les États-Unis, les refusant. La partition devint de facto permanente, cristallisant la division idéologique de la guerre froide et plantant les germes de la guerre du Vietnam. Les accords sont donc à la fois un aboutissement (la décolonisation) et un point de départ (l'escalade du conflit vietnamien). Ils illustrent les limites de la diplomatie lorsque les solutions imposées ne correspondent pas aux réalités politiques et aux volontés des acteurs locaux.
