Introduction
L'Accord de Paris, adopté le 12 décembre 2015 et entré en vigueur le 4 novembre 2016, est un traité international juridiquement contraignant dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Il représente une étape historique dans la diplomatie climatique mondiale, marquant un consensus sans précédent pour une action collective face à l'urgence climatique. Il succède au Protocole de Kyoto et établit un nouveau régime climatique pour l'après-2020.
Description
L'objectif central de l'Accord est de « contenir l'élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre l'action menée pour limiter l'élévation de la température à 1,5 °C ». Pour y parvenir, les Parties s'engagent à atteindre un pic mondial des émissions de gaz à effet de serre « dès que possible » et à opérer des réductions rapides par la suite pour parvenir à un équilibre entre les émissions anthropiques et les absorptions par les puits de carbone dans la seconde moitié du siècle (neutralité carbone). Le mécanisme clé est la soumission par chaque pays de contributions déterminées au niveau national (CDN), plans d'action climatique qu'ils doivent renforcer tous les cinq ans. L'Accord prévoit également un cadre de transparence renforcé pour suivre les progrès, un objectif global d'adaptation, et des dispositions sur le financement (les pays développés doivent mobiliser 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 pour aider les pays en développement, avec un nouvel objectif à fixer avant 2025).
Histoire
Les négociations ont été menées lors de la 21e Conférence des Parties (COP21) à Paris, sous la présidence française de Laurent Fabius. L'accord est le fruit de plusieurs années de préparation et d'un intense lobbying diplomatique, visant à surmonter les clivages historiques entre pays développés et en développement. Son adoption a été saluée comme un succès diplomatique majeur, notamment pour avoir évité le veto de grandes puissances comme les États-Unis et la Chine, qui n'étaient pas parties au Protocole de Kyoto. L'entrée en vigueur rapide, moins d'un an après son adoption, est un record pour un traité international d'une telle ampleur. Cependant, le retrait temporaire des États-Unis sous la présidence Trump (2017-2021) a constitué un coup dur, avant leur retour sous la présidence Biden.
Caracteristiques
1. **Universalité** : Tous les pays, sans exception, sont invités à contribuer, contrairement au Protocole de Kyoto qui ne fixait d'objectifs qu'aux pays développés. 2. **Approche ascendante (bottom-up)** : Les engagements (CDN) sont définis librement par chaque État, en fonction de ses capacités et circonstances nationales. 3. **Cycle d'ambition quinquennal** : Mécanisme de révision et de renforcement obligatoire des CDN tous les cinq ans, pour combler progressivement l'« écart d'émissions ». 4. **Cadre de transparence et de comptabilité (ETF)** : Système commun de suivi, de notification et de vérification des actions et du soutien, avec une certaine flexibilité pour les pays en développement. 5. **Équilibre entre atténuation et adaptation** : Reconnaissance égale de la nécessité de réduire les émissions et de s'adapter aux impacts climatiques. 6. **Pertes et préjudices** : Création du « Mécanisme international de Varsovie » pour aborder les dommages irréversibles liés au climat, avec une clause protégeant la responsabilité juridique des pays développés.
Importance
L'Accord de Paris est le principal cadre de gouvernance mondiale du climat pour le XXIe siècle. Il a réussi à créer une dynamique politique et économique mondiale en faveur de la décarbonation, en envoyant un signal fort aux marchés, aux investisseurs et aux collectivités. Il a catalysé des engagements d'acteurs non-étatiques (villes, entreprises) et accéléré le développement des énergies renouvelables. Son importance réside aussi dans sa capacité à maintenir un dialogue multilatéral dans un contexte géopolitique tendu. Cependant, son efficacité réelle dépend de la mise en œuvre des CDN, qui restent, collectivement, insuffisantes pour atteindre l'objectif des 1,5°C. L'Accord est donc à la fois une réussite diplomatique historique et le point de départ d'un défi colossal de transformation des sociétés.
