Introduction
Sir Winston Leonard Spencer-Churchill est une figure colossale du XXe siècle, symbole de la résistance démocratique face à la tyrannie. Issu de l'aristocratie britannique, sa carrière politique, longue de plus d'un demi-siècle, fut marquée par des volte-face spectaculaires, des échecs retentissants et un triomphe historique. Plus qu'un simple homme politique, il fut aussi soldat, correspondant de guerre, peintre, orateur hors pair et historien, laissant une empreinte multidimensionnelle sur son époque.
Jeunesse
Né dans une famille prestigieuse, fils de lord Randolph Churchill et de l'Américaine Jennie Jerome, Winston eut une enfance solitaire et une scolarité difficile à Harrow. Peu brillant élève mais démontrant un fort caractère, il intégra l'Académie royale militaire de Sandhurst. Avide d'aventure et de gloire, il servit comme officier de cavalerie et correspondant de guerre en Inde, au Soudan (où il participa à la célèbre charge d'Omdurman) et en Afrique du Sud pendant la seconde guerre des Boers. Son évasion spectaculaire d'un camp de prisonniers boers le propulsa sur le devant de la scène et lui permit d'être élu député conservateur en 1900.
Ascension
Churchill changea de parti pour rejoindre les libéraux en 1904, dénonçant le protectionnisme des conservateurs. Il occupa alors des postes ministériels clés : Président du Board of Trade, ministre de l'Intérieur et, surtout, Premier Lord de l'Amirauté à partir de 1911. À ce poste, il modernisa la Royal Navy à la veille de la Première Guerre mondiale. L'échec désastreux de la campagne des Dardanelles en 1915, dont il fut le principal promoteur, le contraignit à la démission et le plongea dans une disgrâce temporaire. Il revint au gouvernement, changea à nouveau de camp pour revenir chez les conservateurs, et devint Chancelier de l'Échiquier (1924-1929). Les années 1930 furent sa « traversée du désert » : mis à l'écart, il lança des avertissements solitaires et prophétiques contre la menace nazie et le réarmement de l'Allemagne, ainsi que contre la politique d'apaisement du gouvernement Chamberlain.
Apogee
Son heure de gloire arriva avec la Seconde Guerre mondiale. Nommé de nouveau Premier Lord de l'Amirauté en septembre 1939, il devint Premier ministre le 10 mai 1940, au moment le plus critique, après l'invasion de la France par l'Allemagne. Par ses discours mémorables (« Du sang, de la peine, des larmes et de la sueur », « Nous nous battrons sur les plages »), son refus catégorique de toute négociation et sa collaboration étroite avec les États-Unis (Roosevelt) et l'URSS (Staline), il incarna la volonté britannique de vaincre. Stratège actif, il supervisa tous les aspects de l'effort de guerre. Bien que populaire pour avoir mené le pays à la victoire, il fut battu aux élections de juillet 1945, alors que la conférence de Potsdam se tenait encore. Il revint au pouvoir de 1951 à 1955, se concentrant sur les affaires étrangères en pleine Guerre froide.
Heritage
L'héritage de Churchill est immense. Il est universellement considéré comme le sauveur de la démocratie britannique et européenne en 1940. Son œuvre littéraire, couronnée par le prix Nobel, notamment « The Second World War » et « A History of the English-Speaking Peoples », a façonné la perception historique de cette période. Son art oratoire reste un modèle de rhétorique politique. Statufié en héros national, sa mémoire est aussi réévaluée, certains aspects de sa carrière (ses positions sur l'impérialisme, son rôle dans la famine du Bengale de 1943, son opposition précoce à l'indépendance de l'Inde) faisant l'objet de critiques. Il demeure néanmoins, selon de nombreux sondages, le plus grand Britannique de tous les temps.
