Introduction
Victoria, née dans la maison de Hanovre, accéda au trône à l'âge de 18 ans, succédant à son oncle Guillaume IV. Son règne, l'un des plus longs et des plus déterminants de l'histoire britannique, fut marqué par l'apogée de la révolution industrielle, l'expansion coloniale et l'établissement de la monarchie constitutionnelle moderne. Elle devint une icône nationale, symbole de dévouement, de moralité stricte et de stabilité, profondément attachée à son rôle et à son empire.
Jeunesse
Victoria fut élevée dans l'isolement relatif du « Système de Kensington », un protocole éducatif strict établi par sa mère, la duchesse de Kent, et son conseiller John Conroy, visant à la rendre dépendante et à préparer une régence. Elle reçut une éducation rigoureuse et apprit plusieurs langues. Ignorant qu'elle était l'héritière présomptive jusqu'à l'âge de 11 ans, elle développa un caractère têtu et un sens aigu du devoir. À la mort de Guillaume IV en 1837, elle devint reine, écartant immédiatement l'influence de Conroy.
Ascension
Les premières années de son règne furent marquées par sa relation étroite avec son premier Premier ministre, Lord Melbourne, qui fut son mentor politique. En 1840, elle épousa son cousin germain, le prince Albert de Saxe-Cobourg et Gotha, une union d'amour profonde qui devint un partenariat politique et personnel central. Albert l'aida à se détacher des influences partisanes et joua un rôle crucial dans l'organisation de la Grande Exposition de 1851, célébrant la puissance industrielle britannique. Sa mort prématurée en 1861 plongea Victoria dans un deuil profond et prolongé, la tenant éloignée de la vie publique pendant plusieurs années.
Apogee
Sous l'influence du Premier ministre Benjamin Disraeli, Victoria reprit un rôle public actif dans les années 1870. Elle fut proclamée impératrice des Indes en 1876, couronnant symboliquement la domination britannique sur le sous-continent. Son règne vit l'apogée de l'Empire britannique, qui couvrait un quart des terres émergées. L'ère victorienne fut caractérisée par d'immenses progrès technologiques (chemins de fer, télégraphe), une expansion urbaine, des réformes sociales et une culture marquée par une moralité publique stricte. Victoria maintint des relations complexes avec ses Premiers ministres, préférant Disraeli à Gladstone, et devint une figure de plus en plus populaire, incarnant les valeurs de famille, de travail et de patriotisme.
Heritage
Le règne de Victoria laissa une empreinte indélébile sur le Royaume-Uni et le monde. L'« ère victorienne » désigne une période de progrès, de conservatisme et d'impérialisme. Elle consolida le modèle de monarchie constitutionnelle où le souverain règne mais ne gouverne pas, tout en exerçant une influence personnelle considérable. Par ses neuf enfants et leurs nombreux mariages avec les familles royales européennes, elle mérita son surnom de « grand-mère de l'Europe », créant des liens dynastiques qui eurent des conséquences majeures au XXe siècle. Sa mort en 1901 marqua la fin d'une époque et le début du siècle qui verrait le déclin de l'empire qu'elle avait symbolisé.
