Introduction
Platon, de son vrai nom Aristoclès, est né dans une famille aristocratique athénienne. Disciple de Socrate, dont la condamnation à mort le marqua profondément, il devint le fondateur de la première institution d'enseignement supérieur du monde occidental, l'Académie. Son œuvre philosophique, presque entièrement rédigée sous la forme de dialogues, constitue le socle de la pensée occidentale, articulant pour la première fois de manière systématique des questions fondamentales sur la réalité, la connaissance, l'âme, la cité idéale et le bien.
Jeunesse
Issu d'une famille noble (sa mère descendait de Solon), Platon reçut une éducation complète (musique, gymnastique, grammaire). Il se destinait à la vie politique, mais la défaite d'Athènes dans la guerre du Péloponnèse et l'instabilité des régimes qui suivirent (la tyrannie des Trente, le retour de la démocratie) le détournèrent de cette voie. Sa rencontre avec Socrate, vers l'âge de vingt ans, fut décisive. Il suivit son enseignement pendant près de huit ans, jusqu'à la condamnation et l'exécution du maître en 399 av. J.-C., événement traumatisant qui le poussa à voyager.
Ascension
Après la mort de Socrate, Platon voyagea en Méditerranée, notamment en Égypte, en Cyrénaïque (actuelle Libye) et en Grande-Grèce (Sud de l'Italie). En Sicile, à la cour de Denys l'Ancien de Syracuse, il tenta sans succès d'appliquer ses idées politiques et se brouilla avec le tyran. De retour à Athènes vers 387 av. J.-C., il fonda l'Académie, une école située dans un jardin dédié au héros Académos. Cette institution, qui fonctionnera pendant près de neuf siècles, était à la fois un centre de recherche scientifique (mathématiques, astronomie) et de formation philosophique et politique. C'est là qu'il enseigna et qu'Aristote fut son élève le plus célèbre.
Apogee
La période de maturité de Platon est celle de la rédaction de ses dialogues les plus aboutis. Il y développe sa théorie des Formes (ou Idées), selon laquelle le monde sensible que nous percevons n'est qu'une copie imparfaite d'un monde intelligible, éternel et parfait, où résident les essences véritables (le Beau, le Juste, le Bien, etc.). Le « Bien » est l'Idée suprême, source de toute réalité et de toute connaissance. Ses œuvres majeures incluent « La République » (où il décrit la cité idéale gouvernée par les philosophes-rois, et expose le mythe de la caverne), « Le Banquet » (sur l'amour et l'ascension vers le Beau), « Phédon » (sur l'immortalité de l'âme), « Phèdre » et « Le Sophiste ». Il retourna deux fois en Sicile (en 367 et 361) pour conseiller Denys le Jeune, échecs qui nourrirent sa réflexion politique, exposée dans « Les Lois ».
Heritage
L'influence de Platon est immense et multiforme. Son Académie a perduré jusqu'en 529 ap. J.-C. Sa pensée a irrigué tout le néoplatonisme (Plotin), a été intégrée à la théologie chrétienne par Augustin d'Hippone, et a connu des renaissances à la Renaissance et à l'époque romantique. Le « platonisme » désigne souvent la croyance en des réalités abstraites et éternelles. Sa méthode dialectique, sa recherche des définitions, sa conception de l'âme et de la cité ont façonné durablement la philosophie, les sciences politiques, les mathématiques et l'éthique occidentales. Alfred North Whitehead a pu écrire que toute l'histoire de la philosophie occidentale n'était qu'« une série de notes en bas de page aux dialogues de Platon ».
