Introduction
Olympe de Gouges, née Marie Gouze, est une personnalité complexe et visionnaire du XVIIIe siècle. Autodidacte, elle s'éleva du statut de fille illégitime d'un boucher à celui d'une intellectuelle et polémiste reconnue dans le Paris prérévolutionnaire et révolutionnaire. Elle utilisa l'écriture, notamment le théâtre et le pamphlet politique, comme arme pour défendre ses convictions, plaçant la cause des femmes, l'abolition de l'esclavage et la justice sociale au cœur de son combat. Son œuvre et son destin tragique en font une icône précoce des luttes pour les droits humains.
Jeunesse
Née à Montauban, elle est la fille présumée du poète et aristocrate Le Franc de Pompignan, bien que son acte de baptême la déclare fille de Pierre Gouze, boucher. Mariée de force à 17 ans à un officier de bouche, Louis-Yves Aubry, elle devient veuve un an plus tard et refuse de se remarier, choisissant l'indépendance. Elle quitte alors Montauban pour Paris avec son fils, Pierre, et prend le nom d'Olympe de Gouges. À Paris, elle fréquente les salons littéraires et s'instruit par elle-même, développant ses idées et son talent d'écriture.
Ascension
Dans les années 1780, elle se lance dans l'écriture de pièces de théâtre, un moyen d'expression et de propagande. Sa pièce 'L'Esclavage des nègres' (écrite en 1785, jouée en 1789) dénonce le système esclavagiste et lui vaut des ennuis avec les colons. La Révolution française éclate et elle y voit une opportunité d'étendre les principes de liberté et d'égalité à tous. Elle publie de nombreux pamphlets, affiches et textes politiques, s'adressant directement aux assemblées révolutionnaires. Elle fonde également son propre journal, 'Le Courrier de Provence', et s'engage dans des sociétés populaires.
Apogee
Son œuvre majeure est sans conteste la 'Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne', publiée en septembre 1791. Ce texte, adressé à la reine Marie-Antoinette, reprend point par point la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 pour en démontrer l'exclusion des femmes. Elle y affirme que 'la femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits'. Elle y réclame l'égalité civile et politique, y compris le droit de vote et d'éligibilité, ainsi que l'accès aux fonctions publiques. Elle propose aussi un 'contrat social' entre l'homme et la femme pour régir les unions. Durant cette période, elle défend également le droit au divorce et à la recherche en paternité, et propose la création d'ateliers nationaux pour les chômeurs et d'hospices pour les indigents.
Heritage
Olympe de Gouges fut guillotinée sous la Terreur pour avoir pris la défense de Louis XVI et s'être opposée aux Montagnards, notamment à Robespierre. Ses idées féministes, trop en avance sur son temps, furent marginalisées et moquées, même par certains révolutionnaires. Longtemps oubliée, elle a été redécouverte au XXe siècle par les mouvements féministes qui en ont fait une figure fondatrice. Aujourd'hui, elle est reconnue comme une théoricienne essentielle des droits des femmes et une martyre de la liberté d'expression. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 'Grands Hommes' de la République, et sa Déclaration est considérée comme un texte fondateur du féminisme moderne.
