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Nero Claudius Caesar Augustus Germanicus

« Néron »

15 décembre 37 - Antium9 juin 68 - RomeRomain
PolitiqueArtArchitecture
Periode : Haut-Empire romain

Néron fut le cinquième et dernier empereur romain de la dynastie julio-claudienne, régnant de 54 à 68 apr. J.-C. Son règne est marqué par une période initiale de stabilité et de prospérité, suivie par des excès, des persécutions et une réputation de tyran mégalomane. Sa mort, déclarée ennemi public par le Sénat, provoqua une brève mais violente guerre civile.

Introduction

Néron, né Lucius Domitius Ahenobarbus, est une figure complexe et controversée de l'histoire romaine. Adopté par l'empereur Claude, il accède au trône à 16 ans, promettant un règne inspiré des principes d'Auguste. Les premières années, sous l'influence de son précepteur Sénèque et du préfet du prétoire Burrus, sont saluées comme un 'quinquennium Neronis' (cinq années de bon gouvernement). Cependant, son règne bascula progressivement dans la paranoïa, la cruauté et une quête obsessionnelle de gloire artistique, laissant une image durable de despote incendiaire et persécuteur des chrétiens.

Jeunesse

Fils de Cnaeus Domitius Ahenobarbus et d'Agrippine la Jeune, arrière-petit-fils d'Auguste, Néron est éduqué par le philosophe Sénèque. Sa mère, ambitieuse et impitoyable, épouse l'empereur Claude en 49 et le convainc d'adopter Néron, le plaçant devant son propre fils Britannicus. À la mort de Claude en 54, probablement empoisonné par Agrippine, la garde prétorienne acclame Néron, alors âgé de 16 ans, comme empereur.

Ascension

Les débuts de son règne sont marqués par un gouvernement collégial avec Sénèque et Burrus, respectant les prérogatives du Sénat. Il promulgue des lois contre la corruption, abaisse certains impôts et s'intéresse aux affaires de l'Empire. Cependant, il écarte rapidement les menaces perçues : il fait assassiner son rival Britannicus en 55, puis, las de l'emprise de sa mère, fait tuer Agrippine en 59 après un simulacre d'accident de bateau. Cet acte matricide choque Rome et libère Néron de toute retenue.

Apogee

Libéré de ses mentors, Néron se consacre à ses passions artistiques, se produisant en public comme poète, musicien (citharède) et conducteur de char, activités jugées indignes d'un empereur par l'aristocratie. Son règne connaît aussi des réalisations : une politique de grands travaux (thermes, marché), la pacification de l'Arménie (traité de Rhandeia, 63) et l'organisation de fastueux spectacles. Mais les crises s'accumulent : l'incendie de Rome en 64, qu'il attribua aux chrétiens pour se disculper des rumeurs l'accusant lui-même, entraîne les premières persécutions systématiques. La révolte de Boudicca en Bretagne (60-61) et la conjuration de Pison (65) sont réprimées dans le sang, poussant Néron à forcer au suicide Sénèque et d'autres sénateurs.

Heritage

L'héritage de Néron est double. D'un côté, il incarne l'archétype du tyran débauché et cruel dans la tradition historique (Tacite, Suétone), responsable de l'incendie de Rome et du martyre des apôtres Pierre et Paul. Sa mort sans héritier direct mit fin à la dynastie julio-claudienne, déclenchant l'Année des quatre empereurs (68-69). D'un autre côté, certains aspects de sa politique, comme sa popularité auprès des couches populaires et des provinces orientales, ou ses réformes monétaires, sont réévalués par les historiens modernes. Son nom devint un symbole de décadence et de folie despotique pour les siècles suivants.

Realisations majeures

  • 1
    Grands travaux d'urbanisme à Rome après l'incendie de 64, dont la construction de la Domus Aurea (Maison Dorée), un immense palais aux jardins somptueux.
  • 2
    Pacification de l'Orient avec le traité de Rhandeia (63), établissant un roi parthe sur le trône d'Arménie mais sous protectorat romain.
  • 3
    Réforme monétaire avec la dévaluation du denier et l'introduction de nouvelles émissions à son effigie.
  • 4
    Promotion de concours artistiques à la grecque (les Neronia) et développement des spectacles publics.

Anecdotes

L'incendie et la lyre

Selon la légende rapportée par Suétone et Tacite, Néron aurait chanté la prise de Troie sur sa lyre (cithare) depuis le toit de son palais en contemplant l'incendie de Rome. Bien que probablement une calomnie, cette image a durablement forgé sa réputation d'empereur insensible et mégalomane.

La Domus Aurea

Après l'incendie, Néron fit construire un immense palais, la Domus Aurea, qui s'étendait sur plusieurs collines de Rome. Elle comprenait un lac artificiel, des vignobles, des pâturages et des bois, ainsi qu'une statue colossale de Néron de 30 mètres de haut. Cette démesure contribua à son impopularité auprès des élites.

Dernières paroles

Se sachant perdu et déclaré ennemi public, Néron tenta de se suicider mais manqua de courage. Selon Suétone, ses dernières paroles, en entendant les cavaliers approcher pour l'arrêter, furent : 'Qualis artifex pereo !' ('Quel artiste périt avec moi !'), résumant sa perception de lui-même.

Citations celebres

« Qualis artifex pereo ! »

Dernières paroles attribuées à Néron par Suétone alors qu'il se préparait à se suicider, exprimant son regret de voir mourir un si grand artiste.

Sources

  • Suétone, 'Vies des douze Césars' (Vie de Néron)
  • Tacite, 'Annales' (Livres XIII-XVI)
  • Dion Cassius, 'Histoire romaine' (Livre LXII)
  • Miriam T. Griffin, 'Nero: The End of a Dynasty'
  • Edward Champlin, 'Nero'
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