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Anjezë Gonxhe Teresa

« La sainte de Calcutta »

26 août 1910 - Skopje5 septembre 1997 - CalcuttaIndienne (naturalisée), Albanaise d'origine
HumanitaireReligionPaix
Periode : XXe siècle

Mère Teresa, née Anjezë Gonxhe Bojaxhiu, est une religieuse catholique albanaise naturalisée indienne, fondatrice des Missionnaires de la Charité. Elle a consacré sa vie aux plus pauvres parmi les pauvres dans les bidonvilles de Calcutta, en Inde. Son œuvre humanitaire mondiale lui a valu le prix Nobel de la paix en 1979 et une canonisation par l'Église catholique en 2016.

Introduction

Mère Teresa est une figure emblématique de la charité chrétienne au XXe siècle, devenue le symbole universel du dévouement aux déshérités. Son action, centrée sur l'amour concret pour les mourants, les malades et les rejetés, a transcendé les frontières religieuses et politiques, suscitant une immense admiration à travers le monde tout en soulevant, à titre posthume, certains débats sur ses méthodes et ses convictions.

Jeunesse

Née dans une famille catholique albanaise aisée de Skopje, Gonxhe (qui signifie "bouton de rose") Bojaxhiu est profondément marquée par la foi et la charité de ses parents. À 18 ans, en 1928, elle entre chez les Sœurs de Lorette, une congrégation missionnaire irlandaise, et part pour l'Irlande puis l'Inde. Elle prononce ses vœux en 1931, prend le nom de sœur Mary Teresa (en référence à Thérèse de Lisieux) et enseigne la géographie à l'école Sainte-Marie pour filles de Calcutta. C'est lors de ses déplacements dans la ville qu'elle est confrontée à l'extrême misère des bidonvilles.

Ascension

Le 10 septembre 1946, lors d'un voyage en train vers Darjeeling, elle ressent un "appel dans l'appel" : quitter le cloître pour vivre parmi les plus pauvres et les servir. Après deux ans d'attente, elle obtient l'autorisation du Vatican. En 1948, elle revêt le sari de coton blanc bordé de bleu, devient citoyenne indienne et suit une formation rapide d'infirmière. Elle commence seule, enseignant aux enfants des bidonvilles et soignant les malades dans la rue. Ses anciennes élèves la rejoignent peu à peu.

Apogee

En 1950, elle fonde la congrégation des Missionnaires de la Charité, approuvée par le diocèse de Calcutta. Leur mission : prendre soin de "ceux que personne ne veut". Elle ouvre le premier mouroir, Nirmal Hriday ("Maison du Cœur Pur"), en 1952, offrant une mort digne aux indigents. Suivent des centres pour les lépreux (Shanti Nagar, "Ville de la Paix"), des orphelinats (Nirmala Shishu Bhavan) et des dispensaires. Son ordre se développe internationalement à partir de 1965. En 1979, elle reçoit le prix Nobel de la paix, qu'elle accepte "au nom des pauvres". Sous son impulsion, la congrégation essaime dans plus de 130 pays.

Heritage

À sa mort en 1997, les Missionnaires de la Charité comptaient près de 4 000 sœurs et 600 frères dans le monde. Son procès en béatification est ouvert de manière exceptionnelle dès 1999. Elle est béatifiée par le pape Jean-Paul II en 2003 et canonisée par le pape François le 4 septembre 2016. Son héritage est double : elle reste une icône mondiale de la compassion et de l'altruisme, inspirant des millions de personnes. Cependant, des critiques ont émergé concernant la qualité des soins dans ses centres, son opposition farouche à l'avortement et la contraception, et sa gestion des dons. Ces débats complexifient son image, sans toutefois entamer sa stature populaire de symbole de la charité inconditionnelle.

Realisations majeures

  • 1
    Fondation de la congrégation des Missionnaires de la Charité (1950), présente aujourd'hui dans le monde entier.
  • 2
    Création de Nirmal Hriday, mouroir de Calcutta, et de multiples centres pour lépreux, orphelins et malades.
  • 3
    Prix Nobel de la paix en 1979 pour son combat contre la pauvreté et la détresse.
  • 4
    Canonisation par l'Église catholique en 2016, devenant Sainte Teresa de Calcutta.

Anecdotes

La médaille du Nobel

Lors de la cérémonie du prix Nobel de la paix en 1979, Mère Teresa insista pour que le traditionnel banquet de gala (d'un coût de plusieurs milliers de dollars) soit annulé et que l'argent soit reversé aux pauvres de Calcutta. Le comité Nobel accepta sa demande.

Un passeport particulier

Mère Teresa était une apatride de fait pendant plusieurs années après avoir quitté la Yougoslavie. Elle obtint la citoyenneté indienne en 1948. Plus tard, de nombreux pays, dont les États-Unis, lui délivrèrent des passeports spéciaux ou des visas de courtoisie en reconnaissance de son travail humanitaire.

La "crise de la foi"

Des lettres publiées après sa mort ont révélé qu'elle avait traversé pendant près de 50 ans une "nuit obscure de l'âme", une profonde sensation d'absence de Dieu et de doute spirituel, contrastant radicalement avec son image publique de foi inébranlable.

Citations celebres

« Ce n'est pas combien nous donnons, mais combien d'amour nous mettons dans le don. »

Phrase récurrente dans ses discours, résumant sa philosophie de la charité.

« Si vous ne pouvez pas nourrir cent personnes, nourrissez-en une seule. »

Exhortation à agir concrètement, à petite échelle si nécessaire, plutôt que de se décourager par l'ampleur de la misère.

« La plus grande maladie aujourd'hui n'est pas la lèpre ou la tuberculose, mais plutôt le sentiment de ne être voulu, ne être aimé, et ne être pris en charge. »

Prononcée lors de la remise du prix Nobel, pour expliquer que sa mission visait autant la souffrance spirituelle que physique.

Sources

  • Biographie officielle du Vatican pour la canonisation.
  • "Mère Teresa : La Sainte de l'ombre" par Christian Feldmann.
  • Correspondance publiée dans "Mère Teresa : Viens, sois ma lumière".
  • Discours et homélies du pape Jean-Paul II et du pape François.
  • Archives du comité Nobel (nobelprize.org).
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