Introduction
Maximilien de Robespierre, souvent appelé simplement Robespierre, est l'une des figures les plus emblématiques et les plus controversées de la Révolution française. Symbole de la Première République et de la période de la Terreur, il est perçu comme un défenseur intransigeant de la vertu républicaine par ses partisans et comme un tyran sanguinaire par ses détracteurs. Son parcours, de l'avocat provincial au maître tout-puissant du gouvernement révolutionnaire, puis à son exécution, incarne les espoirs, les excès et les contradictions de la Révolution.
Jeunesse
Né à Arras dans une famille de la petite bourgeoisie (son père était avocat), Robespierre perd sa mère très jeune et est abandonné par son père. Élevé par ses grands-parents maternels, il se distingue par son intelligence et obtient une bourse pour étudier au prestigieux collège Louis-le-Grand à Paris. Il y subit l'influence des philosophes des Lumières, notamment Rousseau, dont il se considérera comme le disciple. Devenu avocat en 1781, il retourne à Arras où il défend souvent les causes des petits justiciables, gagnant une réputation d'intégrité. Il est élu député du Tiers-État de l'Artois aux États généraux de 1789.
Ascension
À l'Assemblée constituante, Robespierre se fait rapidement remarquer par son éloquence et ses positions radicales en faveur du suffrage universel masculin, de l'abolition de l'esclavage et de la peine de mort. Peu connu au départ, il gagne en influence grâce à ses discours répétés au club des Jacobins, dont il devient la figure de proue. Il prône une démocratie directe et une République vertueuse, s'opposant à la guerre et à la monarchie constitutionnelle. Après la chute de la monarchie en août 1792, il est élu à la Convention nationale. Il joue un rôle majeur dans le procès et l'exécution de Louis XVI, et s'oppose aux Girondins, qu'il contribue à faire chuter en juin 1793.
Apogee
En juillet 1793, Robespierre entre au Comité de salut public, l'organe exécutif de la République en guerre contre l'Europe coalisée et en proie à la guerre civile. Il devient l'âme du gouvernement révolutionnaire et de la politique de Terreur, vue comme un moyen nécessaire pour sauver la République. Il théorise la vertu et la terreur comme les deux leviers du gouvernement révolutionnaire. Sous son influence, la Terreur s'intensifie avec la loi du 22 prairial an II (10 juin 1794), qui accélère les procédures et supprime les garanties de la défense. Cette période voit l'exécution de ses anciens alliés comme Danton et Desmoulins, ainsi que de nombreux opposants réels ou supposés. Son pouvoir semble alors absolu.
Heritage
L'apogée de Robespierre est brève. Son intransigeance, son mysticisme révolutionnaire centré sur l'Être suprême (culte qu'il institue), et les excès de la Terreur lui aliènent de nombreux députés de la Convention. Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), il est empêché de parler à la Convention, mis en accusation et arrêté. Libéré brièvement par la Commune de Paris, il est finalement capturé. Blessé à la mâchoire (probablement d'une balle ou d'un coup de pistolet lors de son arrestation), il est guillotiné sans procès le 28 juillet avec 21 de ses partisans. Sa mort marque la fin de la Terreur. Son héritage est profondément divisé : pour les uns, il est le martyr de la démocratie et de la justice sociale ; pour les autres, le précurseur des dictatures totalitaires du XXe siècle. Il reste un objet d'étude et de débat fondamental pour comprendre la Révolution française.
