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Lech Walesa

« L'électricien de Gdansk »

29 septembre 1943 - PopowoPolonaise
PolitiqueSyndicalismeDroits de l'homme
Periode : Guerre Froide, Fin du XXe siècle

Lech Walesa est un électricien et syndicaliste polonais devenu une figure mondiale de la lutte contre le communisme. Il fonda le premier syndicat libre du bloc soviétique, Solidarność, et mena des négociations historiques qui aboutirent à des élections semi-libres, précipitant la chute du régime. Il reçut le prix Nobel de la paix en 1983 et devint le premier président de la Pologne démocratiquement élu en 1990.

Introduction

Lech Walesa est l'incarnation de la résistance ouvrière qui a contribué de manière décisive à l'effondrement du communisme en Europe de l'Est. Simple électricien des chantiers navals Lénine de Gdańsk, son charisme, son courage et son sens de la négociation en firent le leader incontesté du plus grand mouvement social du bloc soviétique. Son parcours, de gréviste à président, symbolise la victoire de la société civile sur un État totalitaire.

Jeunesse

Né dans une famille paysanne pauvre de Poméranie, Lech Walesa suit une formation d'électricien et effectue son service militaire. Il commence à travailler aux chantiers navals de Gdańsk en 1967. Rapidement, il s'implique dans les activités syndicales, participant aux grèves de 1970 qui furent brutalement réprimées par le régime communiste (plus de 40 morts). Cette expérience marquante forge sa détermination à lutter pour les droits des travailleurs par des moyens pacifiques mais fermes.

Ascension

En août 1980, une nouvelle vague de grèves éclate aux chantiers navals après une hausse des prix. Walesa, licencié quelques années plus tôt, escalade le mur du chantier pour rejoindre les grévistes et en devient spontanément le porte-parole charismatique. Il dirige les négociations avec le gouvernement qui aboutissent aux Accords de Gdańsk (31 août 1980), une victoire sans précédent : droit de grève, liberté syndicale et relâchement de la censure. De cette victoire naît Solidarność (Solidarité), le premier syndicat indépendant du bloc de l'Est, dont Walesa est élu président. En seize mois, il rassemble près de 10 millions de membres.

Apogee

La loi martiale est déclarée en décembre 1981 par le général Jaruzelski ; Solidarność est interdit et Walesa est interné pendant onze mois. Malgré la répression, il reste le symbole de la résistance. Le prix Nobel de la paix qui lui est décerné en 1983 confère une légitimité internationale à sa lutte. Les grèves de 1988 le ramènent à la table des négociations. Il dirige les fameux pourparlers de la Table Ronde (1989) qui aboutissent à des élections semi-libres, remportées massivement par Solidarność, menant à la formation du premier gouvernement non-communiste du bloc de l'Est. En 1990, il est élu président de la République de Pologne au suffrage universel.

Heritage

La présidence de Walesa (1990-1995) est marquée par la difficile transition vers l'économie de marché et des divisions au sein de l'ancienne opposition. Bien que son mandat soit jugé contrasté sur le plan économique, son rôle historique est incontestable. Il a démontré que le changement par la négociation et la résistance civile était possible, inspirant les dissidents dans tout l'Empire soviétique. Son action a directement contribué à la chute du Rideau de fer et à la réunification de l'Europe. Figure mondiale, il reste un symbole de la lutte pour la liberté et la dignité humaine.

Realisations majeures

  • 1
    Direction des grèves des chantiers navals de Gdańsk en août 1980 et négociation des Accords de Gdańsk.
  • 2
    Fondation et présidence de Solidarność, premier syndicat libre du bloc communiste, rassemblant 10 millions de membres.
  • 3
    Direction des négociations de la Table Ronde en 1989, conduisant à des élections semi-libres et à la fin du monopole communiste en Pologne.
  • 4
    Premier président de la République de Pologne élu au suffrage universel direct (1990-1995), supervisant la transition démocratique.
  • 5
    Récipiendaire du prix Nobel de la paix en 1983 pour sa lutte non-violente pour les droits des travailleurs.

Anecdotes

La célèbre moustache et le stylo géant

Lors de la signature des Accords de Gdańsk en 1980, Walesa utilisa un énorme stylo à souvenir, surmonté d'un portrait du pape Jean-Paul II, offert par des supporters. Cet objet, ainsi que sa moustache iconique, sont devenus des symboles immédiatement reconnaissables de la résistance polonaise.

L'escalade du mur du chantier

Au début des grèves d'août 1980, Walesa, alors ancien employé licencié, n'avait pas le droit d'entrer dans le chantier naval. Pour rejoindre les grévistes, il escalada le mur d'enceinte, un acte spectaculaire qui le propulsa immédiatement au premier plan et scella son destin de leader.

La boutonnière du prix Nobel

En 1983, le régime polonais refusa de lui délivrer un passeport pour aller chercher son prix Nobel à Oslo. C'est sa femme, Danuta, qui le reçut en son nom. Walesa déclara plus tard que le prix appartenait à tout le peuple polonais et offrit la somme d'argent à la fondation de Solidarność en exil.

Citations celebres

« Nous ne brûlons pas les comités, nous fondons les nôtres. »

Devise de Walesa et de Solidarność, résumant la stratégie de construction d'une société civile parallèle et pacifique face au régime communiste, par opposition à la violence révolutionnaire.

« Il n'y a pas de route toute tracée vers la liberté. Nous devons la construire nous-mêmes. »

Citation reflétant sa philosophie de l'action et de la responsabilité individuelle et collective dans la conquête des droits et de la démocratie.

Sources

  • Walesa, Lech. *Un chemin d'espoir*. Fayard, 1987. (Autobiographie).
  • Ash, Timothy Garton. *The Polish Revolution: Solidarity*. Jonathan Cape, 1983.
  • Davies, Norman. *God's Playground: A History of Poland, Volume II*. Oxford University Press, 2005.
  • Site officiel de la Fondation Lech Walesa.
  • Archives du Comité Nobel.
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