Introduction
Indira Gandhi, née Indira Priyadarshini Nehru, est une figure centrale et complexe de l'histoire politique indienne du XXe siècle. Bien que portant le nom de Gandhi, elle n'avait aucun lien de parenté avec le Mahatma ; elle était la fille unique de Jawaharlal Nehru, le premier Premier ministre de l'Inde indépendante. Son parcours, de l'ombre de son père à la direction absolue du plus grand pays démocratique du monde, est celui d'une politicienne habile, déterminée et souvent impitoyable, dont l'héritage est à la fois célébré et vivement critiqué.
Jeunesse
Née dans une famille au cœur de la lutte pour l'indépendance, son enfance fut marquée par l'activisme politique et l'incarcération fréquente de ses parents. Elle étudia en Inde et en Europe (à Oxford et en Suisse), développant une éducation cosmopolite. En 1942, elle épousa Feroze Gandhi, un journaliste parsi, malgré l'opposition de certains cercles orthodoxes. Elle servit de confidente et d'hôtesse officieuse à son père, le Premier ministre Nehru, après la mort de sa mère, s'initiant ainsi aux arcanes du pouvoir dès les premières années de l'Inde indépendante.
Ascension
Après la mort de Nehru en 1964, elle fut nommée ministre de l'Information et de la Radiodiffusion dans le gouvernement de Lal Bahadur Shastri. À la mort soudaine de Shastri en 1966, le Congrès National Indien, divisé, la choisit comme chef de gouvernement, la percevant comme une figure de compromis et une héritière docile du prestige des Nehru. Elle déjoua rapidement ces attentes, affirmant son autorité avec fermeté.
Apogee
Son premier mandat fut marqué par des succès majeurs, notamment la victoire écrasante de l'Inde dans la guerre de 1971 contre le Pakistan, aboutissant à la création du Bangladesh, qui lui valut une immense popularité. Elle nationalisa les principales banques du pays et lança le programme de la "Révolution verte" pour l'autosuffisance alimentaire. Cependant, confrontée à des difficultés économiques et à des contestations judiciaires sur sa réélection en 1971, elle déclara l'état d'urgence en 1975, suspendant les libertés civiles, imposant la censure et procédant à des arrestations massives d'opposants. Battue aux élections de 1977, elle effectua un retour triomphal en 1980. La dernière période de son mandat fut assombrie par la montée des tensions communautaires, notamment la crise du Punjab où des séparatistes sikhs réclamaient un État indépendant (Khalistan).
Heritage
Son héritage est profondément ambivalent. D'un côté, elle est vue comme une leader forte qui a consolidé la souveraineté de l'Inde, promu la science et l'industrie, et donné une voix aux plus pauvres avec des slogans comme "Garibi Hatao" (Éradiquer la pauvreté). De l'autre, l'état d'urgence reste une tache indélébile sur la démocratie indienne. Sa décision la plus controversée, l'ordre donné à l'armée de donner l'assaut au Temple d'Or d'Amritsar en juin 1984 pour déloger des militants sikhs, profana ce lieu saint et déclencha une vague de ressentiment qui conduisit à son assassinat par deux de ses gardes du corps sikhs quelques mois plus tard. Sa mort provoqua des pogroms anti-sikhs à travers l'Inde. Sa famille, notamment son fils Rajiv Gandhi qui lui succéda, a continué de dominer la politique indienne, faisant des Nehru-Gandhi une véritable dynastie politique.
